Buffon et l'histoire naturelle : l'édition en ligne 

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Buffon jugé par la postérité

Date Auteurs Extrait
1750 Lamoignon-Malesherbes Observations de Lamoignon-Malesherbes sur l'Histoire Naturelle générale...
1751 d'Alembert Buffon, « rival de Platon et de Lucrèce »
1753 Argenson "La théologie le répute déiste".
1762 Diderot "Buffon toujours guindé sur des échasses, n'est qu'un déclamateur ampoulé."
1763 Adanson La définition de l'espèce
1766 Journal Encyclopédique Un journaliste est à l’égard de M. de Buffon ce que les Phidias sont à l'égard de la nature.
1773 Diderot Buffon, matérialiste inconséquent parce que déguisé ?
1779 Grimm "un des plus sublimes romans [...] que la philosophie ait jamais osé imaginer"
1780 Condorcet "M de Buffon est poète dans ses descriptions"
1798 Necker (Suzanne) Mélanges, T1.
1798 Necker (Suzanne) Mélanges, T2.
1798 Necker (Suzanne) Mélanges, T3.
1799 Anderson (James) Les variétés sont-elles le produit du climat ?
1801 Necker (Suzanne) Nouveaux Mélanges, T1.
1801 Necker (Suzanne) Nouveaux Mélanges, T2.
1803 Moreau de la Sarthe Appliquer au sexe la méthode de Buffon pour les oiseaux
1803 Moreau de la Sarthe Buffon ou la décence du style
1835 Geoffroy Saint-Hilaire Buffon « à la droite du Très-Haut »
1859 Agassiz Buffon et la classification des oiseaux
1860 Owen Dégénération et apparition de nouvelles espèces.
1860 Owen Réduction du nombre d'actes créateurs
1864 Janet Buffon réfuté par la chimie organique
1865 Nägeli Buffon n'a pas tiré toutes les conséquences sur la transformation des espèces
1879 Butler (Samuel) Un art d’écrire ironique...
1881 Huxley (Thomas Henry) Buffon a posé le cadre général de la paléontologie.
1892 Armand de Quatrefages Buffon transformiste ? L’espèce et la race.
1900 Haussonville (Comte d') Buffon chez Mme Necker
1913 Bateson (William) Buffon a mis l’accent sur les défaillances de l’adaptation.
1928 Nordenskjöld Buffon, antidote à l’assèchement de la biologie
1967 Frank Egerton Une importante contribution à l'étude des populations animales.
1975 Jean Gillet Le Paradis de Buffon : une réécriture de Milton ?
1982 Mayr La considérable influence de Buffon
2003 David Stamos Buffon : une contribution importante vers le concept moderne de l’espèce.

Auteur : Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Études progressives d’un naturaliste pendant les années 1834 et 1835, Paris, Roret, 1835.

Date et contexte : 1835

Extrait :

p. 105-6 : « Buffon, qui a précédé Cuvier, le complète pour tout ce qui nous reste à savoir touchant les révolutions du globe, pour tout ce que nous imposent de recherches leurs relations génésiaques à l’égard des êtres organisés actuels : son génie poétique, perspicace, platonique, s’en vint en quelque sorte prendre place à la droite du Très-Haut. Ce grand écrivain, dans sa hardiesse philosophique, puisa sa vue des mondes dans les rapports des choses, qu’il parvint à percevoir d’ensemble, parce qu’il avait su les considérer à grande distance de leur réciproque affinité. Le passé, le présent, l’avenir même, sont révélés à qui saisit l’enchaînement nécessaire des faits. Voilà comment Buffon n’admit qu’une seule création, qui a eu ses phases d’existence, qui s’est traînée longtemps dans la débilité du premier âge, dont les progrès furent un jour à la fin marqués par l’apparition du genre humain, et dont les forces s’accrurent et s’accroîtront de mieux en mieux, au moyen que l’empire que l’homme s’en vint prendre et qu’il continuera de plus en plus à prendre à la surface de la terre. »
S’élever au-dessus de cette fourmilière d’hommes qui s’individualisent et s’absorbent dans les soins de la vie matérielle ; aborder de front toutes les données de l’univers dans le passé, dans le présent et dans l’avenir ; enfin, penser à comprendre les rapports des choses, à les traduire et à les expliquer, c’est entrer dans le sein de Dieu : c’est s’y complaire avec appétence des brillants résultats de cette célèbre sentence, Rerum cognoscere causas, c’est par ce haut exercice de la pensée, engager plus avant l’humanité dans les routes du savoir, dans les fins de notre infinie perfectibilité. Tel fut notre Buffon, cet admirable et profond philosophe, dont les écrits, aussi bien que les travaux administratifs dans le Jardin du Roi, ont fondé l’école zoologique française, et dont on a dit avec justice : Majestati naturae par ingenium. »

Document associé :
L'éloge de Buffon par Condorcet, format PDF (texte intégral).

Directeurs de publication : Pietro Corsi et Thierry Hoquet, hébergement : Centre de Calcul de l'IN2P3-CNRS.