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•Leclerc, Comte de Buffon,  HISTOIRE NATURELLE, GÉNÉRALE ET PARTICULIÉRE, AVEC LA DESCRIPTION DU CABINET DU ROY. Tome Quatrième.
•• Description de la partie du Cabinet qui a rapport à l’Histoire Naturelle du Cheval.
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Description de la partie du Cabinet qui a rapport à l’Histoire Naturelle du Cheval. N.º CDXIV. Hippomanès.
Il y en a plusieurs de différentes grandeurs, qui sont conservés dans l’esprit de vin* ; les uns flottoient dans l’allantoïde sans y avoir aucune adhérence, les autres tiennent encore à une

* A propos de ces morceaux d’Histoire Naturelle conservés dans 
l’esprit de vin, je dois rendre compte de la façon dont l’amalgame de 
mercure et de plomb ou d’étain s’est maintenu pour empêcher 
l’évaporation de l’esprit de vin, depuis le temps où j’ai parlé de ce 
procédé pour fermer les bocaux des cabinets d’Histoire Naturelle dans le 
troisième volume de cet ouvrage, page 193 : je pourrois aussi faire quelques 
réflexions sur une sorte de critique à ce sujet, que l’on a fait imprimer 
dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1746, quoiqu’elle 
n’ait été donnée qu’en 1751 ; j’y répondis par écrit dans le même 
temps, mais je me garderai bien de rapporter le détail de cette discussion, qui 
seroit trop indifférent pour le public, et qui m’importe fort peu à 
moi-même : je ne fais mention de cet écrit que parce qu’il se trouve dans le 
recueil de l’Académie des Sciences, et qu’il a pour auteur un de mes 
confrères dans cette Compagnie ; car pour le fond de la chose, son écrit 
n’influera pas au physique sur la propriété de mon amalgame, et pour le 
moral, c’est-à-dire, le mérite de cette invention, elle ne me flatte pas 
assez pour me faire desirer d’en introduire l’usage. Chacun bouchera ses 
bocaux ou ses bouteilles comme il lui plaira, je ne demande aucune préférence 
pour le procédé que j’ai indiqué ; je ne me serois pas même avisé de 
faire des recherches de cette espèce, s’il n’étoit de mon devoir de tenir 
dans le meilleur état qu’il est possible, les bocaux du cabinet du Roi, ainsi 
que tout le reste de cette grande collection d’Histoire Naturelle. J’ai 
réussi à empêcher l’évaporation de l’esprit de vin en fermant les bocaux 
avec une amalgame de mercure et de plomb ou d’étain, et j’en ai une preuve 
réelle : l’on peut voir au cabinet d’Histoire Naturelle plusieurs bocaux 
qui sont bouchés de cette façon, sur-tout un très-grand qui renferme une 
roussette : c’est le premier sur lequel j’ai éprouvé l’amalgame, il est 
cylindrique, sa hauteur est de dix-sept pouces, et son orifice a trois pouces et 
demi de diamètre ; il y a quatre ans qu’il est fermé, et cependant il ne 
paroît aucune diminution sensible dans l’esprit de vin dont il est rempli : 
voilà ce qui me fait croire que les épreuves de mon procédé que l’auteur 
de l’écrit que j’ai cité plus haut, a répétées sur deux fioles, 
auroient pû mieux réussir si elles avoient été mieux faites, et que malgré 
le mauvais succès de ses expériences à ce sujet, et les raisonnemens qu’il 
fait contre l’amalgame, il ne laissoit pas d’être bien fondé à conclurre 
en ces termes : Il est au moins déjà très-certain que ce lut est préférable 
à tous les luts qui ont été employés jusqu’ici pour empêcher 
l’évaporation. (Mém. de l’Académie Royale des Sciences, année 1746, page 
535) : il se peut bien aussi qu’il soit meilleur que les luts que l’on a 
faits avec de l’huile, parce que l’huile est dissoluble par l’esprit de 
vin lorsqu’elle est rancie, et qu’en quelque état qu’elle soit, il 
n’est pas possible qu’elle résiste autant que le mercure à l’impression 
des esprits ardens. Mais, quoi qu’il en soit de l’huile épaissie et de tous 
les luts imaginables, il me suffit d’avoir des bocaux pleins d’esprit de 
vin, et fermés par le moyen de mon amalgame, qui ne se sont pas évaporés 
depuis quatre ans, pour que je fois en droit de prétendre que cet amalgame 
empêche l’évaporation de l’esprit de vin : les expériences faites sur ces 
bocaux sont plus que suffisantes pour servir de réponse à ce qu’on m’a 
objecté à ce sujet. Au reste, si on veut employer l’huile pour empêcher 
l’évaporation de l’esprit de vin, on peut l’appliquer de plusieurs 
manières ; outre celles qui sont déjà connues, en voici une nouvelle. Le 
sieur Lucas, qui bouche depuis plusieurs années des bocaux au cabinet du Roi, 
ne s’en est pas tenu à la simple manipulation, il a aussi trouvé une façon 
de les fermer par le moyen de l’huile : il y applique d’abord des bouchons 
de liège ou de verre, ces derniers sont les meilleurs, parce qu’ils ne se 
déjettent pas comme le liège ; ensuite il recouvre les bouchons avec une pâte 
composée d’huile dessicative et d’ardoise pulvérisée et tamisée : cette 
pâte se durcit en peu de temps, et adhère au verre de façon à empêcher, au 
moins pour un temps assez long, l’évaporation de l’esprit de vin. Il y a 
beaucoup de bocaux au cabinet du Roi qui sont fermés de cette manière, parce 
qu’elle est peu coûteuse et très-commode, et par conséquent la meilleure 
pour les bocaux qu’on est obligé d’ouvrir de temps en temps afin de 
blanchir l’esprit de vin. Comme il est important d’empêcher son 
évaporation dans les cabinets d’Histoire Naturelle, nous reviendrons à ce 
sujet dans la suite de cet ouvrage, et nous rendrons compte de tout ce qu’on a 
trouvé sur cette matière depuis la publication de notre troisième volume, où 
nous avons rapporté ce qui étoit connu alors, ou au moins ce qui étoit venu 
à notre connoissance. 
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