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•Leclerc, Comte de Buffon,  HISTOIRE NATURELLE, GÉNÉRALE ET PARTICULIÉRE AVEC LA DESCRIPTION DU CABINET DU ROI. Tome treizième.
•• Les Mouffettes.
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Les Mouffettes.
Nous donnons le nom générique de Mouffette à trois ou quatre espèces d’animaux, qui renferment et répandent lorsqu’ils sont inquiétés, une odeur si forte et si mauvaise qu’elle suffoque comme la vapeur souterraine qu’on appelle mouffette. Ces animaux se trouvent dans toute l’étendue de l’Amériquea méridionale et tempérée ; ils ont été désignés indistinctement par les Voyageurs sous les noms de puants, bêtes puantes, enfans du diableb, etc. et non-seulement on les a confondus

a Dans les terres voisines du détroit de Magellan, nous vimes un 
autre animal à qui nous donnames le nom de Grondeur ou de Souffleur, parce 
qu’il ne voit pas plutôt quelqu’un qu’il gronde, souffle et gratte la 
terre avec ses pieds de devant, quoiqu’il n’ait pour toute défense que son 
derrière qu’il tourne d’abord vers celui qui l’approche, et d’où il 
fait sortir des excrémens d’une odeur la plus détestable qu’il y ait au 
monde. Voyage du cap Wood. Suite des voyages de Dampier, tome V, page 181. — 
Il y a au Pérou beaucoup de petits renards parmi lesquels il faut remarquer 
ceux qui rendent une odeur insupportable ; ils entrent les nuits dans les 
villes, et quelque fermées que soient les fenêtres, on les sent de plus de 
cent pas ; heureusement que le nombre en est petit, car ils empuantiroient le 
monde entier. Hist. des Incas, tome II, page 269.
b Une sorte de 
fouine qu’on a nommée Enfant du diable ou Bête puante, parce que son urine 
qu’elle lâche quand elle est poursuivie, empeste l’air à un demi-quart de 
lieue à la ronde, est d’ailleurs un fort joli animal ; elle est de la 
grandeur d’un petit chat, mais plus grosse ; d’un poil luisant tirant sur le 
gris, avec deux lignes blanches qui lui forment sur le dos une figure ovale 
depuis le cou jusqu’à la queue ; cette queue est touffue comme celle du 
renard, et elle la redresse comme fait l’écureuil. Histoire de la nouvelle 
France, par le P. Charlevoix, tome III, page 333. NOTA. Cet animal est le même 
que celui que nous appellerons ici Conepate, du nom qu’il porte au Mexique.
 
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