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•Leclerc, Comte de Buffon,  HISTOIRE NATURELLE, GÉNÉRALE ET PARTICULIÉRE AVEC LA DESCRIPTION DU CABINET DU ROI. Tome treizième.
•• Les Gerboises.
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Les Gerboises.
Gerboise est un nom générique que nous employons ici pour désigner des animaux remarquables par la très-grande disproportion qui se trouve entre les jambes de derrière et celles de devant celles-ci n’étant pas si grandes que les mains d’une Taupe, et les autres ressemblant aux pieds d’un oiseau. Nous connoissons dans ce genre quatre espèces ou variétés bien distinctes. 1.º Le Tarsier dont nous avons fait mention ci-devant, qui est certainement d’une espèce particulière, parce qu’il a les doigts faits comme ceux des singes, et qu’il en a cinq à chaque pied. 2.º Le Gerboa ou gerboise proprement dite, qui a les pieds faits comme les autres fissipèdes, quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux de derrière. 3.º L’Alagtagab dont les jambes

a Gerbo, mot dérivé de Jerbuah ou Jerboa, nom de cet animal en 
Arabie, et que nous avons adopté.
Gerbo. Voyages de Corneille le Brun, Paris, 
1714, page 406, fig. page 410.
Gerboise. Voyage de Paul Lucas, tome II, page 73, 
fig. page 74.
Jerboa. Voyage de Shaw, page 248, fig. page 249.
Mus jaculus 
pedibus posticis longissimis caudâ extremi vollosâ. Hasselquist. Itin. cl. 1, 
art. VI.
Le Gerbua. Glanures d’Edwards, pag. 18, fig. pl. 219.
b 
Alagtaga, nom de cet animal chez les Tartares-Mongous, et que nous avons 
adopté. M. Messerclunid qui a transmis ce nom, dit qu’il signifie animal qui 
ne peut marcher ; cependant le mot alagtaga me paroît très-voisin de letaga, 
qui, dans le même pays, désigne le polatouche ou écureuil-volant ; ainsi je 
serois porté à croire qu’alagtaga comme letaga, sont plutôt des noms 
génériques que spécifiques, et qu’ils désignent un animal qui vole, 
d’autant plus que Strahlenberg, cité par M. Gmelin, au sujet de cet animal, 
l’appelle Lièvre volant.
Cuniculus seu lepus indicus utias dictus. Aldrov. de 
Quad. digit. fig. pag. 395. Nota. 1.º M.rs Linnæus et Edwards ont rapporté au 
gerbo cette figure donnée par aldrovande, mais elle me paroît convenir un peu 
mieux à l’alagtaga ; l’éperon ou quatrième doigt des pieds de derrière y 
est bien marqué, et c’est par ce caractère que l’alagtaga diffère du 
gerbo, qui n’a que trois doigts sans apparence d’un quatrième. Nota. 2.º 
Aldrovande a fait une faute en appliquant à cet animal le nom d’Utias ; ce 
mot est Américain et n’a jamais été employé que pour désigner un petit 
animal que les Espagnols trouvèrent à Saint-Domingue lorsqu’ils y 
arrivèrent ; et depuis quelques Auteurs l’ont appliqué au cochon d’Inde ; 
mais jamais il n’a pu désigner ni l’alagtaga ni le gerbo. Je crois que ce 
mot utias, qu’on doit prononcer outias, vient de coutias, nom que quelques 
Auteurs donnent à l’acouti ou agouti, et que par conséquent l’utias ne 
désigne pas un autre animal que l’agouti, qui étoit et est encore naturel à 
l’île de Saint-Domingue, et qu’on y a trouvé lorsqu’on en fit la 
découverte. Il y a eu de tout temps dans les Antilles (dit l’Auteur de 
l’Histoire des Antilles) quelques bêtes à quatre pieds, telles que 
l’opossum (sarigue), le javaris (pecari), le tatou, l’acouti et le rat 
musqué (pilori). Hist. Nat. des Isles Antilles, page 121.
Cuniculus pumilio, 
saliens, caudâ longissimâ. Gmelin. Nov. Com. Acad. Petrop. tom. V, tab. XI, 
fig. 1.
 
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