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•,  Louis-Jean-Marie Daubenton (1716-1799)
•• Louis-Jean-Marie Daubenton (1716-1799)
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Biographie universelle et ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus ou leurs crimes. Nouvelle édition, Publiée sous la direction de M. Michaud ; Revue, corrigée et considérablement augmentée d’articles omis ou nouveaux ; ouvrage rédigé par une société de gens de lettres et de savants. Tome Dixième.
DAUBENTON (LOUIS-JEAN-MARIE), naturaliste et anatomiste célèbre, naquit à Montbar en Bourgogne le 29 mai 1716. Son père qui le destinait à l’état ecclésiastique, l’envoya à Paris pour y étudier la théologie ; mais il s’y adonna en secret à l’étude de la médecine, et principalement de l’anatomie. La mort de son père lui ayant laissé la liberté de se livrer ouvertement à son penchant, il prit ses degrés à Reims en 1741, et retourna dans sa ville natale pour y exercer sa profession. Un hasard heureux décida autrement de son sort. Buffon, qui était aussi né à Monbar, avait été lié dès l’enfance avec Daubenton. Nommé récemment intendant du Jardin du Roi, il avait conçu le plan de l’ouvrage qui a rendu son nom immortel. Sentant qu’il avait besoin de secours pour une entreprise aussi vaste, et principalement pour les détails de description et d’anatomie auxquels la faiblesse de sa vue ne lui permettait pas de se livrer, il jeta les yeux sur Daubenton, et l’attira vers 1742 à Paris, où il lui fit donner, en 1745, la place de garde et démonstrateur du cabinet d’histoire naturelle. Le choix de Buffon fut d’autant plus approuvé, que Daubenton possédait précisément toutes les qualités nécessaires au genre de travail qui lui était confié : une grande justesse d’esprit, une exactitude rigoureuse et une patience à toute épreuve. Le recueil des faits dont il a enrichi la grande Histoire naturelle des animaux est immense, et le soin avec lequel Daubenton les a observés est si grand que l’on y cherche en vain une erreur ; c’est qu’il n’y consignait que ce qu’il avait vu par lui-même, sans se livrer à ces hypothèses hardies pour lesquelles Buffon avait un penchant si marqué, sans même se permettre de tirer de ses observations les conclusions générales qui en naissaient le plus naturellement. A ce dernier égard, la timidité de Daubenton a été peut-être excessive ; et sous ce rapport que Camper disait de lui qu’il ne savait pas lui-même de combien de découvertes il était l’auteur. Les articles de descriptions et d’anatomie fournis par Daubenton aux quinze premiers volumes in-4° de l’Histoire naturelle en font une partie essentielle et absolument nécessaire à l’intelligence du texte de Buffon ; en sorte que l’on peut regarder comme tronquées toutes les éditions dans lesquelles on lesquelles on les a supprimés. Buffon lui-même donna cependant l’exemple de cette suppression. Excité par quelques flatteurs, il publia une petite édition in-12, où cette partie précieuse de leur travail n’entra point. Daubenton cessa dès lors de contribuer au grand ouvrage, et les secours de Guéneau de Montbeillard, et de Bexon pour la partie des oiseaux ne suppléèrent que bien imparfaitement aux siens. Comme garde du cabinet, Daubenton a travaillé pendant 50 ans à enrichir et à ordonner cette collection, aujourd’hui la plus considérable de l’Univers, et cependant il ne cessait de publier des ouvrages plus ou moins étendus. Il a fait plusieurs articles d’histoire naturelle dans la première Encyclopédie ; il a publié dans les Mémoires de l’Académie des sciences quelques dissertations sur divers points importants de l’Histoire naturelle des animaux et des minéraux, nommément dans ceux de 1754, sur des espèces de chauve-souris qu’il avait découvertes en France ; dans ceux de 1758, sur une nouvelle musaraigne ; dans ceux de 1772, sur l’animal qui donne le musc ; dans ceux de 1781, sur des organes singuliers de la voix de quelques oiseaux étrangers ; dans ceux de 1762, sur des os fossiles, prétendus de géant, qu’il rapporte à leurs véritables espèces ; dans ceux de 1764, sur les différences essentielles de l’homme et de l’orang-outang, etc. Les services qu’il rendit à l’histoire naturelle, comme professeur, ne furent pas moins grands. Il est le premier qui ait fait en France des leçons sur cette science par autorité publique, une des chaires de médecine du collège de France ayant été convertie à sa sollicitation en une chaire de cette science, et lui ayant été donnée en 1778. La convention ayant érigé le Jardin du Roi en école publique, sous le titre de Muséum d’histoire naturelle, il y fut nommé professeur de minéralogie, et a rempli les fonctions de cette place jusqu’à mort. Il avait été aussi nommé professeur d’économie rurale à l’école d’Alfort en 1783, et fit quelques leçons d’histoire naturelle à l’école normale en 1795. La France lui doit encore une grande reconnaissance pour le zèle qu’il a mis à propager les moutons de race espagnole. Ses ou-
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