Buffon et l'histoire naturelle : l'édition en ligne 

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Autour d'Ampère, photo : stéphane pouyllau, CNRS

Correspondance de Buffon, édition électronique, Lettre L490

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LE Cte DE BUFFON à   - Date : 18 août 1782  - Lieu : Montbard

	
		
LETTRE CCCCXCIV AU COMTE DE BUFFON FILS.
Montbard, le 18 août 1782. J’ai reçu, mon très cher fils, votre gros mémoire de dépense, et, quelque forte qu’elle soit, je ne suis point du tout mécontent ; car Mlle Blesseau m’ayant lu attentivement tous les articles, j’ai vu que vous n’aviez pas fait la plus petite fausse dépense, et je suis d’ailleurs très satisfait de l’exactitude avec laquelle vous avez fait ce mémoire1 et de l’attention que vous avez eue de m’écrire ou de nous faire écrire tous les huit jours par La Rose. Je consens très volontiers que vous repreniez vos 21 louis sur les 1,500 livres que vous venez de tirer à Pétersbourg, et de plus je vous permets d’en prendre encore 21 autres sur l’argent de la première lettre de change que vous tirerez ; ainsi ce sera 42 louis dont vous pouvez disposer pour acheter les choses qui vous plairont. Je vous donne ces seconds 21 louis comme une petite marque de ma satisfaction de votre bonne conduite. Je vous exhorte, mon très cher enfant, à continuer de même, et vous ferez le bonheur de ma vie et de la vôtre1. Vous ne me dites pas si vous avez remercié M. de Schowaloff des trois beaux morceaux de malachite qu’il a eu la bonté de m’envoyer dès le mois de février, et que je n’ai reçus qu’au mois de juin2. Je vous ai marqué, il y a six semaines ou deux mois, de lui témoigner tous mes sentiments de reconnaissance de son souvenir et le respect qui lui est dû. Je ne pense pas que ce M. de Schowaloff soit le même que celui dont vous me parlez dans votre dernière lettre du 22 juillet et que nous avons vu chez M. le maréchal de Biron ; je crois que c’est celui qui a demeuré plusieurs années à Paris et qui a été rappelé il y a cinq ou six ans, et que j’ai vu plusieurs fois, qui m’a même fait l’honneur de venir dîner au Jardin du Roi1. Vous me ferez plaisir aussi de dire des choses obligeantes de ma part à M. de Domacheneff, président de l’Académie2, et à mes autres confrères dans cette savante compagnie. M. Euler3 est, à ce qu’on m’a dit, aveugle et bien âgé ; mais c’est encore le plus grand géomètre de l’Europe ; j’estime aussi beaucoup M. Pallas4, M. Mayer1 et plusieurs autres membres de cette Académie ; vous me feriez plaisir de leur faire une visite pour le leur témoigner. M. le duc de La Rochefoucauld2 m’a communiqué une réponse aussi spirituelle que flatteuse pour vous et pour moi, qu’il a reçue de M. Caillard3. Le bien qu’il dit de vous et de votre conduite m’a fait le plus grand plaisir, et je vous prie de l’en remercier de ma part en lui disant que votre oncle le chevalier de Saint-Belin4 connaît M. son frère5, qui demeure à Aignay-le-Duc6 dans notre voisinage, et que je serais enchanté si je pouvais lui être de quelque utilité. M. le marquis de Vérac a aussi écrit à M. le duc de La Rochefoucauld, et lui a marqué qu’il était très content de vous. Vous avez très bien fait, mon cher ami, d’avoir cherché à plaire et de vous être attaché à un aussi excellent homme qui a la plus grande réputation de noblesse d’âme et de bonté, et qui de plus est très spirituel et très aimable. Je lui ai écrit il y a quinze jours pour commencer à lui témoigner ma reconnaissance des bontés infinies dont il vous comble. Tâchez de vous faire un ami de M. son fils, et je ne doute pas que son digne père ne vous protège même à la cour de France où il jouit de la plus grande considération, et, puisqu’il est assez bon pour vous loger, prenez garde de souiller les meubles et n’oubliez pas de gratifier ses gens, et surtout n’abusez pas de ses grandes bontés. Je vous approuve lorsque vous dites qu’il ne faut pas être mesquin, et je ne regretterai jamais l’argent tant que vous ne le dépenserez pas mal à propos. Je retourne dans un mois à Paris ; j’y passerai octobre, novembre et décembre, et je reviendrai à Montbard au commencement de janvier, pour vous y attendre dans le courant de ce même mois ou au commencement de février, et je pourrai vous envoyer pendant mon séjour à Paris une nouvelle lettre de crédit de 4,000 livres sur telle ville que vous m’indiquerez. J’espère qu’avec ce supplément vous aurez assez pour achever votre voyage. Vous trouverez ci-joint une lettre de mon ami M. Guéneau de Montbeillard1 et une autre de M. de Lacépède2, par laquelle vous verrez que M. le margrave d’Anspach1 aurait bien désiré vous voir ; et vous feriez bien de passer dans ses États à votre retour. En vérité, nous devons tous deux une reconnaissance éternelle à cette grande Impératrice, qui me donne des témoignages aussi éclatants de son estime et qui vous traite avec tant de bonté. Je ne mérite pas d’être mis au rang des grands hommes de son empire2, si ce n’est par mon dévouement et par la connaissance intime que j’ai de ses hautes lumières et de son profond discernement. Les questions qu’elle m’a faites3 et la lettre dont elle m’a honoré me suffisent pour juger de la supériorité de son esprit et de l’admirable bonté de son cœur. Je suis persuadé qu’elle n’est point fâchée que vous restiez à Pétersbourg, et je veux, en effet, que Sa Majesté Impériale voie que vous n’avez fait ce voyage que pour lui faire ma cour et la vôtre. Je vous dirai même que je suis presque honteux de ses bienfaits, et que, quoique je serais bien aise d’avoir les minéraux4, je ne voudrais pas que vous insistiez sur cela auprès de M. de Schowalof. Au reste, je suis tranquille à cet égard comme à tous les autres, parce que je vois, mon très cher fils, que vous vous conduisez très bien et que votre âme ne peut prendre que des sentiments encore plus nobles et plus élevés en vivant avec M. le marquis de Vérac. J’ai oublié de vous marquer, en parlant de buste et d’effigie, qu’on a mis par ordre du roi au bas de ma statue l’inscription suivante :
MAJESTATI NATURÆ PAR INGENIUM.
Ce n’est pas par orgueil que je vous l’envoie, mais peut-être Sa Majesté Impériale la fera-t-elle mettre au bas du buste1. Voici la quatrième lettre que je vous adresse à Pétersbourg ; il faudrait m’accuser réception de chacune en rappelant les dates. Je vous ai déjà marqué que M. Gojard a donné une place à M. Guillebert, qu’il doit occuper au 1er octobre prochain ; ainsi, mon très cher ami, vous avez déjà la noble récompense que vous me demandiez et qui me fait l’éloge de votre bon cœur2. Je vous remercie de ce que vous avez fait pour M. de Virli ; il est un peu sérieux, mais il est instruit et peut vous aider dans la connaissance des minéraux3. Vous ne me parlez pas du cabinet d’histoire naturelle de Pétersbourg4 ; vous me feriez plaisir de m’en donner un aperçu. Je sais que Mlle Clairon5 a envoyé d’assez beaux madrépores et, si je connaissais ce qui manque dans ce cabinet, je me ferais un devoir de l’offrir à Sa Majesté Impériale. Les honnêtetés que vous recevez de tous les grands méritent toute ma reconnaissance, et je vous prie de témoigner mes sentiments de respect à M. le prince de Potemkin1, à M. le prince Repnin, grand chancelier2 ; à M. le comte de Strogonoff3, et à ce digne gouverneur de Livonie qui vous a reçu si amicalement à votre passage à Riga. Témoignez aussi à M. le baron de Copenzel ma respectueuse sensibilité pour le mot qu’il vous a dit si à propos au sujet de la belle boîte de pierre bleue que vous montrait l’Impératrice4. Vous ne me dites pas si c’est un lapis-lazuli : je le crois, parce que les plus belles de ces pierres, qui sont du plus beau bleu et qui paraissent veinées d’or, se trouvent dans son empire5. La dernière lettre de change que j’ai payée à M. Tourton s’est trouvée de 2,372 livres 10 sous, au lieu de 2,300 livres, comme vous me l’aviez annoncé. Ainsi vous voyez que vous n’avez pas eu les ducats cordonnés de Hollande à aussi bon marché que vous pensiez. Je vais envoyer à Lucas les 1,500 livres que vous venez de tirer à Pétersbourg ; cela fait déjà 6,872 livres que j’aurai payées sur votre lettre de crédit, et vous n’aurez plus que 5,200 livres à tirer de cette lettre, et c’est pour cela que je vous enverrai une seconde lettre de crédit de 4,000 livres, que j’espère néanmoins que vous ne dépenserez pas en entier. Je m’en rapporte entièrement à vous ; mais vous devez sentir combien cette dépense me gêne1. Cependant je veux que vous preniez les 21 louis sur le premier argent que vous tirerez, afin que vous ayez les 42 louis dont vous ne me rendrez point de compte, pour acheter les mille choses dont vous avez envie. Je vous ai parlé, dans mes dernières lettres, de M. le comte et de Mme la comtesse du Nord ; ils ont laissé dans toute la France une excellente réputation et même beaucoup de regrets. Ils se sont répandus en éloges magnifiques sur mon compte, et je regretterai toute ma vie de n’avoir pu leur faire ma cour. M. le comte du Nord est un prince qui a non seulement beaucoup d’esprit et d’instruction, mais un grand caractère de fermeté et de bonté ; tous ceux qui ont eu l’honneur de l’approcher et de converser avec lui m’en ont écrit sur ce ton, et vous ne pouvez pas mieux faire, mon très cher fils, que d’attendre son retour et de me représenter auprès de lui, en lui témoignant ma respectueuse sensibilité et les grandes obligations que je lui ai de la manière dont il a eu la bonté de parler de moi. Notre ami M. de Tolozan me paraît un peu fâché de ce que M. Guillebert va le quitter, et le pauvre Guillebert paraît lui-même en être affligé ; cependant, je lui conseille de prendre le plus utile et le plus certain, et il a donné sa parole à M. Gojard2. Ainsi je regarde cette affaire comme terminée. Il faut que j’envoie encore 1,000 livres à Paris pour achever de payer le prix de votre voiture au maître sellier, et je ne suis pas surpris qu’après un aussi long voyage elle ait eu besoin de réparations. Il faut que vous me fassiez une petite emplette qui ne sera pas fort chère : c’est un exemplaire de la grande carte géographique de l’empire des Russies, qui a été publiée en 17773 ; c’est sur cette carte que j’ai réduit la petite carte polaire qui est dans mes Époques de la nature ; mais le graveur m’a perdu cette grande carte, et je n’ai pu en trouver une autre à Paris. Vous me ferez donc plaisir de me la rapporter, et, si l’on avait publié à Pétersbourg quelque autre carte depuis 1777, il ne faut pas manquer de les acheter et de me les rapporter. Tous vos parents et amis se portent bien et demandent chaque jour de vos nouvelles. Vous devriez au moins écrire à quelques-uns de vos parents ; vous en serez quitte pour trois ou quatre lettres à vos oncles1 et à l’ami Guéneau. Le pauvre abbé du Rivet est forcé de plaider au sujet de son énorme pension, et je crains fort que les inquiétudes au sujet de cette affaire ne lui soient funestes2 ; il me paraît qu’il a envie de donner la démission de son abbaye ; mais il ne veut point de celle pour laquelle vous aviez négocié auprès de la comtesse de Malain3, et je ne le désapprouve pas. On m’a écrit hier que Gibraltar s’était enfin rendu le 2 de ce mois ; cette nouvelle mérite confirmation, car elle n’est pas encore dans aucun papier public. J’ai vu sur la gazette que M. le comte de La Torre4 est arrivé à Pétersbourg ; je suis persuadé que cela vous aura fait plaisir, et je vous prie de lui faire mes hommages. J’ai pensé, mon cher fils, que je devais un bien plus grand hommage à M. le marquis de Vérac, et, ne sachant comment lui témoigner ma respectueuse reconnaissance, je voudrais que vous pussiez lui faire agréer un exemplaire de la nouvelle édition de mes œuvres complètes. Je vous envoie ci-joint le mandat sur M. Panckoucke, que vous donnerez à M. le marquis de Vérac, pour peu que vous croyiez que cela puisse lui faire quelque plaisir. Il retrouvera ces livres lorsqu’il reviendra en France, ou bien il les prendra à Pétersbourg, en donnant mon mandat au libraire qui a correspondance avec M. Panckoucke ; mais je doute que ce libraire de Pétersbourg ait cette belle édition, qui, comme vous savez, n’est encore que de 16 volumes in-4º, et qui ne sera entièrement achevée que dans un an ou deux. Voilà aussi une lettre de Mlle Blesseau pour La Rose, qui lui a écrit bien régulièrement et qui fera bien de continuer. Le P. Ignace a peuplé de lapins la garenne de Buffon, et ils sont excellents dans ce terrain qui n’est couvert que de serpolet. Adieu, mon très cher fils, je vous écrirai de nouveau dès que j’aurai reçu quelque autre lettre de vous. La dernière qui m’est arrivée hier est datée du 22 juillet, et c’est celle qui est venue en moins de temps. LE Cte DE BUFFON. Je dis un mot à M. le marquis de Vérac au sujet de l’hommage que vous lui ferez de ma part de la nouvelle édition de mes ouvrages. (Collection Nadault de Buffon.)

Notes de l'édition originale :
1 L’esprit d’ordre de Buffon se révèle dans sa correspondance comme dans tous 
les actes de sa vie. Il se montre indulgent pour une dépense, même exagérée, en présence 
d’une comptabilité bien tenue. S’il ne manifeste aucun mécontentement de la grande 
dépense de son fils en Russie, c’est parce que Mlle Blesseau, lui ayant lu ses comptes, il 
les a trouvés bien tenus et exacts. 
« L’ordre admirable qu’il mettait dans la tenue de sa maison et de ses affaires, dit le 
P. Ignace, n’avait d’égal que celui de la personne à qui il avait donné sa confiance. Il 
avait la plus grande exactitude à écrire chaque semaine, avec Mlle Blesseau, ses dépenses 
journalières, et il employait ses matinées du dimanche à payer les mémoires de sa maison, 
dont il voyait lui-même tous les détails ; car, s’il était exact à se faire payer, il 
était plus exact encore à payer les autres. Chaque année, à son retour de Paris, il 
faisait, avec Mlle Blesseau, la visite de ses appartements pour savoir ce qui manquait et ce 
qui devait être remplacé, et il ne revenait jamais de Paris qu’il n’en rapportât nombre 
d’étoffes pour changer ses appartements, qu’il décorait avec une si noble simplicité, 
qu’elle équivalait au luxe. Aussi, sa maison de Montbard faisait-elle l’admiration de tous 
ceux qui la visitaient, et rien ne lui coûtait pourvu que tout fût en ordre. Il avait coutume 
de dire que « celui qui ne sait pas compter avec lui-même apprend à manger son bien et 
ensuite celui des autres. » 
1 On doit cette justice au fils de Buffon, que sa conduite vis-à-vis de son père 
fut toujours parfaite, et qu’après l’avoir entouré de son vivant des marques de sa 
reconnaissance, de sa déférence et de sa vénération, il a honoré sa mémoire en respectant 
sa volonté, en tenant scrupuleusement ses engagements au prix du sacrifice de sa fortune, et 
en défendant la gloire de son père contre les attaques des pamphlétaires et des envieux. 
Il écrira de Montbard à Faujas de Saint-Fond en 1783 : « Mon père me traite avec une 
bonté et une amitié qui me font mille fois plus de plaisir que tout le reste, je suis 
parfaitement heureux ; » et au marquis de Chastellux le 10 juin 1786 : « Si vous me trouvez 
quelque sensibilité, il n’y avait que la bonté du meilleur et du plus sublime des pères 
qui pût la développer dans son entier, car je lui porte toute tendresse. » 
C’est à cette piété filiale du fils de Buffon que Mme Necker rendra hommage lorsqu’elle 
lui écrira après la mort de son père : 
« Ce qui me frappe et ce qui m’intéresse, c’est votre respect filial et l’inquiétude 
qu’il vous inspire. Cette remarque, jointe à beaucoup d’autres, me laisse espérer la 
seule consolation dont je fusse susceptible dans mon malheur, celle d’entendre toujours 
parler avec estime du fils chéri de M. de Buffon, et de voir dans toute sa conduite un hommage 
perpétuel rendu à la mémoire de son illustre père. Mlle Blesseau me mande que votre 
conduite intérieure se rapporte parfaitement à celle que vous avez au dehors..… J’ai 
appris par elle quelle attention scrupuleuse vous avez apportée à ne faire aucun changement 
dans l’intérieur domestique ni dans les arrangements déterminés par M. de Buffon, et 
j’ai trouvé dans ces procédés, avec la preuve de votre respect pour sa volonté, celle 
d’un sens exquis au-dessus de votre âge. Nous avons vu trop souvent que les jeunes gens qui 
héritent croient mieux penser que ceux à qui ils doivent tout, et ne craignent pas 
d’outrager leur cendre et de se montrer ingrats en détruisant tous les établissements qui 
étaient chers à leurs parents. Si votre illustre père voit ce qui se passe, vous pouvez vous 
dire avec attendrissement qu’il jouit de vos soins. » 
Elle lui dira encore :
« J’ai reçu avec attendrissement et reconnaissance les nouvelles preuves de votre respect 
filial pour votre excellent et sublime père. Votre lettre au président de l’Assemblée* 
honore également vos talents et votre caractère moral, et j’ai un plaisir infini à vous 
dire que la suite de votre conduite, tant dans cette occasion que dans les troubles de Dijon et 
de Montbard**, a donné une nouvelle base à votre réputation..… C’est une grande 
satisfaction pour moi, que je ne puis m’empêcher cependant de mêler à quelques réflexions 
remplies d’amertume. Je me dis : Si ce grand homme était encore avec nous, quel serait son 
bonheur en apprenant que son fils marche sur ses traces et que tous les goûts honnêtes et 
raisonnables entrent dans son âme. » 
* La lettre du fils de Buffon du 13 janvier 1790 au président de l’Assemblée nationale à 
propos du décret abolissant les noms de terre et les titres de noblesse. (Voir lettre du 26 
décembre 1787 à Guérard.) 
** On trouvera page 403, tome II de la 1re édition de la Correspondance, les pièces et 
articles de journaux relatifs à cet événement. 
2 Buffon accuse réception de cet envoi dans sa lettre du 4 juillet précédent à 
son fils : « J’ai trouvé dans la boîte trois superbes morceaux de malachite, l’un 
cristallisé, l’autre soyeux et le troisième en mamelons ; nous n’avons rien d’aussi 
beau au Cabinet du Roi. » 
1 Le comte Yvan de Schowaloff, chambellan de Catherine II, précédemment nommé. 
Son frère, son émule, partageait son goût délicat et éclairé pour les arts et les lettres 
et sa patriotique ambition de les faire pénétrer en Russie. (Voir t. Ier, p. 381, note 4.) 
On rapporte que, pendant son dernier séjour à Paris, le comte Yvan de Schowalof ayant voulu 
connaître Rousseau était allé à l’Hermitage, sous le prétexte de lui porter de la 
musique à copier. Il se nomma en se retirant : « Je suis, dit-il, chambellan de 
l’Impératrice. — Tant pis pour vous, répliqua brusquement Rousseau ; dans ce cas, voici 
votre musique et votre argent ; mais, comme vous m’avez fait perdre deux heures, je garde 
douze livres pour mon temps. » 
2 Serge Domacheneff, ministre des beaux-arts, président de l’Académie de 
Saint-Pétersbourg, que Buffon cite en même temps que le comte de Schowaloff. « Comme 
j’avais déjà livré à l’impression toutes les feuilles précédentes de ce volume, 
j’ai reçu de la part de M. le comte de Schowaloff, ce grand homme d’État que toute 
l’Europe estime et respecte, j’ai reçu, dis-je, en date du 27 octobre 1777, un excellent 
mémoire composé par M. Domacheneff, président de la Société impériale de Pétersbourg, et 
auquel l’Impératrice a confié à juste titre le département de tout ce qui a rapport aux 
sciences et aux arts. » 
3 Léonard Euler, illustre géomètre et mathématicien, né le 15 avril 1707, mort 
le 7 septembre 1783. Appelé à Saint-Pétersbourg par Catherine II dès 1727, il y a enseigné 
les mathématiques, et, bien que frappé de cécité à cinquante-neuf ans, il a laissé un 
nombre considérable d’ouvrages en latin et en français ; on lui doit d’importantes 
découvertes et il a imprimé une impulsion puissante aux sciences mathématiques. Outre ses 
nombreux ouvrages, il a rédigé, de 1727 à 1783, plus de la moitié des mémoires sur les 
mathématiques insérés dans les 46 volumes in-4º des recueils de l’Académie de 
Saint-Pétersbourg. Turgot a fait traduire en français la Science navale d’Euler, et Louis 
XVI lui a envoyé de riches présents. Condorcet, qui a prononcé son éloge, a publié, en 
1787, ses Lettres à la princesse d’Anhalt-Dessau. Les trois fils d’Euler ont été à leur 
tour des savants distingués et se sont montrés les émules et les pieux défenseurs de la 
gloire paternelle. 
4 Pierre-Simon Pallas, naturaliste et voyageur, né à Berlin le 22 septembre 1741, 
mort le 8 septembre 1811. Appelé, comme Euler, en Russie par Catherine II en 1767, il 
accompagna, en 1768, les astronomes qui allaient observer en Sibérie le passage de Vénus sur 
le soleil. Il a écrit en latin, en français et en allemand, ses Voyages et un grand nombre 
d’ouvrages, notamment : Observations sur la formation des montagnes et les changements 
arrivés à notre globe (1777), Eleuchus zoophytorum (1766), Miscellanea zoologica, en 1767, et 
la même année Spicilegia zoologica, travaux souvent cités par Buffon, dont Pallas a 
rectifié, en même temps que chez Linné, plusieurs erreurs de conchyliologie. Buffon, parlant 
de lui dans ses Suppléments, dit : « Je ne puis que remercier M. Pallas de m’avoir indiqué 
cette méprise. »—« M. Pallas, dit-il encore dans les notes des Époques de la nature, est 
sans contredit l’un de nos plus savants naturalistes ; et c’est avec la plus grande 
satisfaction que je le vois entièrement de mon avis sur l’ancienne étendue de la mer 
Caspienne, et sur la probabilité bien fondée qu’elle communiquait autrefois avec la mer 
Noire. » 
1 Jean-Christ-André Mayer, écrivain et savant, né le 1er décembre 1747, mort le 
5 novembre 1801, professeur d’anatomie à la Faculté de Berlin en 1777, professeur de 
botanique et de matière médicale en 1787, médecin du roi en 1789, a publié de 1784 à 1794 
un Traité complet d’anatomie en 10 volumes in-8º. 
2 Louis-Alexandre de La Rochefoucauld, duc d’Enville et de La Roche-Guyon, né le 
11 juillet 1743, massacré le 14 septembre 1792, sous les yeux de sa mère, la duchesse 
d’Enville, et de sa femme, à Gisors où il s’était retiré après s’être démis de son 
mandat de député. 
Pair de France, aimant les sciences et les arts qu’il cultivait avec succès et qu’il 
encourageait de sa fortune qui était considérable, élu de l’Académie des sciences en 
1782, membre de l’Assemblée des notables, élu à l’Assemblée législative, il paya de sa 
vie sa courageuse dénonciation contre Pétion, maire de Paris, et Manuel, procureur de la 
Commune. Buffon, qui le cite dans l’Histoire naturelle, dit de lui : « Un de nos plus 
illustres et plus sa vants académiciens, qui non seulement s’intéresse au progrès des 
sciences, mais les cultive avec grand soin. » 
3 Antoine-Bernard Caillard, administrateur, diplomate et littérateur, né à 
Aignay-le-Duc, en Bourgogne, le 28 septembre 1737, mort le 6 mai 1807, avait débuté dans 
l’administration sous Turgot, intendant de Limoges. Successivement chargé d’affaires à 
Parme (1770), à Cassel (1773), à Copenhague (1775), il était en la même qualité à 
Saint-Pétersbourg en 1782 ; de Saint-Pétersbourg, il passa à La Haye (1785) ; ministre 
plénipotentiaire à Ratisbonne et à Berlin, en 1795, il fut un instant chargé de 
l’intérim du ministère des affaires étrangères. On a de lui des traductions, des 
mémoires et un catalogue raisonné de sa riche bibliothèque. 
4 Antoine-Ignace, chevalier, puis marquis de Saint-Belin, capitaine au régiment de 
Navarre, chevalier de Saint-Louis, beau-frère de Buffon, déjà plusieurs fois nommé. (Voir 
notamment t. Ier, p. 182, note 4, et p. 302, note 2.) 
5 Pierre-Paul Caillard, frère du précédent, secrétaire de l’École militaire.
« Antoine Caillard, dit Courtépée, secrétaire dans quatre ambassades, pensionné du roi, 
est d’Aignay, ainsi que son frère, secrétaire de l’École militaire, avec 1,500 livres de 
pension. » 
6 Aignay-le-Duc, connu par les ruines pittoresques d’une abbaye et d’un 
château qui était, après ceux de Montbard, Montréal et Vergy, la plus vaste forteresse des 
ducs de Bourgogne. 
1 Nous avons publié cette jolie lettre de Guéneau de Montbeillard dans les notes 
de la première édition de la Correspondance. (T. II, p. 456.) 
2 Cette mention détermine l’époque où ont commencé les rapports entre 
Lacépède et Buffon. 
Bernard-Germain-Étienne de La Ville-sur-Illon, comte de Lacépède, naturaliste, écrivain, 
musicien, homme politique, né le 26 décembre 1756, mort le 6 octobre 1825, a débuté, en 
1776, en composant la musique de l’opéra d’Omphale. Un mémoire sur l’électricité, 
publié en 1778 dans le Journal de Physique, le mit en relation avec Buffon, alors occupé à 
son Traité sur l’aimant. A la mort de Daubenton le jeune, en 1776, Buffon nomma Lacépède 
à l’emploi de garde sous-démonstrateur du Cabinet et du Jardin du Roi. 
Membre de l’Institut à sa fondation, il devint, en 1793, à la réorganisation du Muséum, 
titulaire de la chaire d’erpétologie. Il a fait paraître, en 1780, du vivant de Buffon, son 
Histoire des quadrupèdes ovipares et des serpents, publication que Buffon n’aurait pas 
approuvée. 
« Quant à l’ouvrage de M. de Lacépède, écrivait Mlle Blesseau à Faujas de Saint-Fond, 
le 12 juin 1788, personne n’en a mal parlé à M. de Buffon ; mais je lui ai entendu dire, 
après qu’il se l’était fait lire avant de retomber malade, que c’était un mauvais 
livre et qu’il regrettait que M. de Lacépède ne lui en eût pas parlé. » C’est à tort 
que Lacépède s’est présenté comme choisi par Buffon pour continuer son œuvre, tandis que 
celui-ci, après avoir songé à son frère le chevalier de Buffon, avait désigné Faujas de 
Saint-Fond*. Après avoir publié sous son nom, au lendemain de la mort de Buffon, en 1789, 
l’Histoire des reptiles, ouvrage préparé par Buffon et qui devait paraître sous le nom de 
Buffon, comme les autres volumes de l’Histoire naturelle, il a successivement donné 
l’Histoire des poissons (1789-1803) et celle des cétacés (1804). 
Comme homme politique, Lacépède a servi avec le même zèle et a trahi avec le même 
empressement la République, le Directoire, l’Empire et la Restauration. Député à 
l’Assemblée constituante et à l’Assemblée législative, membre du conseil des 
Cinq-Cents, grand chancelier de la Légion d’honneur en 1803, il a prononcé, en 1815, comme 
président du Sénat, la déchéance de Napoléon, à qui il protestait, en 1814, en la même 
qualité, de la fidélité de ce corps. La versatilité politique de Lacépède l’a fait 
surnommer le roi des reptiles. 
Le 19 décembre 1819, sous la Restauration, alors qu’il était pair de France, il écrivait 
à la veuve du fils de Buffon : 
« Je vais oser vous adresser, comme fils adoptif de Buffon et de Daubenton, une question que 
vous aurez la bonté de trouver naturelle, si vous m’accordez toujours un peu de l’amitié 
que la charmante Betzy avait pour moi. 
» Consentiriez-vous à vous remarier ?…
» Nous avons à la Chambre des pairs des jeunes gens qui ne peuvent pas encore voter et des 
vieillards de quatre-vingts ans qui bientôt ne le pourront plus. Un de mes collègues, qui 
n’est ni des uns ni des autres, a eu l’honneur de vous voir, vraisemblablement à Paris ou 
à Montbard. Il a d’ailleurs beaucoup entendu parler de vous ; et, d’après la manière 
dont il m’en a parlé lui-même dans sa correspondance, j’ai vu que ses yeux étaient très 
hons et sa mémoire très fidèle, et qu’il a ressenti ce que vous savez si bien faire 
éprouver, et ce que vous m’avez fait éprouver plus qu’à personne. Il aurait un grand 
désir d’obtenir un bonheur que beaucoup d’autres ambitionneraient comme lui, celui de 
mettre à vos pieds son cœur, son rang, sa fortune. » 
On se demandera, à la lecture de cette lettre à la comtesse de Buffon, âgée de trente-neuf 
ans, si Lacépède, qui en avait soixante-trois et était veuf, ne parlait pas pour son propre 
compte. 
* Voir aux notes de la lettre du 13 février 1788 au baron de Breteuil la protestation de 
Buffon du 1er avril. 
1 Christian-Charles-Frédéric-Alexandre, duc de Prusse, marquis de Brandebourg, 
margrave d’Anspach-Bayreuth, né en 1736, mort en 1806, neveu du grand Frédéric et de la 
reine d’Angleterre. Marié malgré lui à une princesse de Saxe-Cobourg laide et difforme, il 
abandonna sa femme, voyagea en Italie, en France, en Angleterre, en Hollande, en Portugal, fit 
parler de lui dans ces divers pays et ramena en Allemagne la célèbre tragédienne Clairon, 
qui passa dix-sept ans à sa cour. Il épousa, en 1790, lady Craven, connue par sa beauté, son 
esprit, ses aventures, ses voyages et ses mémoires. Ayant vendu, en 1791, son margraviat à 
Frédéric-Guillaume de Prusse, il se retira avec sa femme en Angleterre. 
2 On a vu par les lettres précédentes que Catherine II avait fait placer le buste 
de Buffon dans la salle du palais de l’Hermitage consacrée aux grands hommes. 
3 On a pu lire, page 107, note 1 de la seconde lettre du 23 avril, de Buffon à 
Catherine II, un passage d’Hérault de Séchelles qui dit, en parlant des lettres de 
l’Impératrice : « Il me montra aussi des questions très épineuses que lui proposait 
l’Impératrice sur les Époques de la nature, et les réponses qu’il y faisait. » Buffon 
confirme ici le témoignage d’Hérault de Séchelles et du chevalier Aude, établissant 
qu’il y a eu entre lui et Catherine non pas seulement l’échange des quelques lettres 
parvenues à notre connaissance, mais une correspondance suivie pendant plusieurs années, 
correspondance que nous avons inutilement recherchée à Paris et à Saint-Pétersbourg. 
4 L’Impératrice n’en envoya pas moins ce nouveau et riche présent de 
minéraux à Buffon, qui en annoncera l’arrivée à Montbard à l’abbé Bexon, le 2 
novembre 1783, en attendant qu’il le dépose, comme tous les autres cadeaux qui lui étaient 
faits, au Cabinet du Roi. On trouvera dans les notes de la lettre à l’abbé Bexon sa belle 
réponse au savant dom Gentil, prieur de Fontenet, son voisin et son ami, s’exclamant sur la 
grande valeur de ce présent, qui lui était fait personnellement. 
1 Ce n’était pas, en effet, par orgueil que Buffon envoyait cette inscription à 
Saint-Pétersbourg ; il voulait seulement prévenir le retour des fâcheuses polémiques de la 
nature de celles qu’avait provoquées la première inscription. (Voir t. Ier, p. 334, note 1, 
et billet à Mme Necker du 13 avril 1786.) 
2 Il est, en effet, touchant de voir avec quelle insistance le fils de Buffon 
presse son père d’assurer le sort de son ancien précepteur Guillebert ; c’est une 
nouvelle marque de la chaleur et de la sensibilité de son cœur. 
3 Cette observation de Buffon à son fils, rapprochée des lettres du comte de 
Vergennes et du baron de Breteuil à tous les représentants de la France dans les pays où il 
devait voyager, indique qu’il n’avait pas renoncé à l’espoir de le voir lui succéder 
un jour au Jardin du Roi, et explique la protestation du 1er avril 1788 qu’on trouvera plus 
loin. 
4 Le cabinet d’histoire naturelle de l’Académie de Saint-Pétersbourg, fondé, 
comme toutes les institutions littéraires, scientifiques et pédagogiques de Russie, par 
Catherine II, comprenait dès ce temps les collections de l’Académie des sciences, le musée 
zoologique, les cabinets de physique, de minéralogie, de botanique et un jardin botanique. 
5 Claire-Josèphe Leyris de La Tude, au théâtre Mlle Clairon, célèbre 
tragédienne, née en 1723, morte le 18 janvier 1803, débuta à l’Opéra en 1743 et aux 
Français en janvier 1764, et quitta le théâtre le 16 avril 1765, après s’y être fait 
applaudir pendant vingt-deux ans et avoir mérité le constant et chaleureux appui de Voltaire. 
Conduite au For-l’Évêque pour s’être refusée à jouer avec l’acteur Dubois dans le 
Siège de Calais, elle s’écria, en s’adressant à l’exempt, que le roi ne pouvait rien 
sur son honneur. « Vous avez raison, mademoiselle ; là où il n’y a rien, le roi perd ses 
droits. » Après sa mise en liberté, elle se rendit à la cour du margrave 
d’Anspach-Bayreuth qui lui confia l’éducation de ses enfants, et ne rentra à Paris 
qu’en 1775. On cite, parmi ses meilleurs élèves, l’acteur Larive et Mlle Raucourt. Elle a 
publié ses Mémoires en 1790. 
1 Grégoire-Alexandréwitch, prince Potemkin, né en 1736, mort le 15 octobre 1791, 
feld-maréchal, premier ministre et favori de Catherine II ; un des auteurs du partage de la 
Pologne, conquérant de la Crimée. Brave général et habile diplomate, il avait formé le 
projet de chasser les Turcs d’Europe, et a contribué à la civilisation de la Russie. Son 
palais de la Tauride et les fêtes qu’il y donnait ont fait souvenir des merveilles des Mille 
et une Nuits. Sa fortune, lorsqu’il mourut, s’élevait à cent soixante-quinze millions de 
francs. 
2 Nicolas-Wasiliewitsch, prince Repnin, né en 1734, mort le 12 mai 1801, neveu du 
comte Panin, premier ministre de Catherine II, grand chancelier et feld-maréchal, rival de 
Potemkin, mêlé comme militaire et diplomate aux affaires de Pologne et de Turquie. Il jouit 
d’un grand crédit sous Catherine II ; mais Paul Ier, après l’avoir nommé feld-maréchal, 
le disgracia à la suite de l’insuccès de sa négociation pour faire entrer la Prusse dans 
la seconde coalition contre la France. 
3 Alexandre, comte de Strogonoff, né le 3 janvier 1734, mort le 27 septembre 1811, 
président de l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, chambellan de Catherine II, a 
secondé les efforts patriotiques de Potemkin et des deux comtes de Schowaloff pour civiliser 
la Russie en y répandant le goût des lettres, des sciences et des arts. Il avait fait comme 
eux plusieurs séjours en France et avait formé une collection rare de tableaux, médailles et 
gravures et réuni une riche bibliothèque ; il logeait dans son palais et pensionnait les 
artistes et les gens de lettres pauvres. Son neveu, général russe, connu, comme lui, par son 
goût pour les lettres et sa bravoure, mourut dans la campagne de France, en 1814, tué sous 
Laon. 
4 Catherine II, qui destinait cette boîte à Buffon, lui écrira le 6 novembre : 
« … Mon intention était d’ajouter aux médailles une boîte d’une pierre qui prend 
différentes couleurs et qu’on a trouvée parmi celles dont on pave un grand chemin à 
l’entour de cette ville ; mais l’envoi de cette bagatelle a été retardé par la maladie 
de la personne qui en était chargée. » L’impératrice profita du premier envoi qu’elle 
fit à Buffon pour joindre la boîte à ses autres présents. 
5 La pierre de la boîte n’était pas du lapis-lazuli, mais du feldspath, 
autrefois connu sous le nom de pierre du Labrador. 
1 Il suffit, pour se rendre compte de la gêne que la grande dépense de son fils 
en Russie causait à Buffon, de se souvenir qu’il était dans la période de ses plus fortes 
avances et de ses emprunts les plus considérables pour le Jardin du Roi. 
2 Antoine Gojard, premier commis au contrôle général des finances, membre, cette 
même année, avec les conseillers d’État Magon, de La Ballue et Le Normand, d’un comité 
nommé par le contrôleur général Lambert pour étudier les difficultés financières du 
moment et rechercher le moyen d’y remédier. 
3 On l’a entendu se plaindre cette même année de la perte de cette carte dans 
une lettre du 21 juillet à l’abbé Bexon. 
1 Le conseiller Benjamin-Edme Nadault, le marquis de Saint-Belin et l’abbé du 
Rivet. Le chevalier de Buffon était à Brest. 
2 Le pressentiment de Buffon n’était que trop fondé ; son frère, 
Charles-Benjamin Leclerc, abbé du Rivet, devait en effet mourir à quatre mois d’intervalle, 
le 13 novembre. Voir sur cette affaire, qui fut très sensible à Buffon, t. Ier, p. 418, notes 
2 et 6, et t. II, p. 27, 114 et 164 et notes 1, 2 et 2. 
3 De la famille de Saint-Belin-Malain.
4 Jean-Antoine, comte de La Torre, diplomate, ministre de France à Vienne en 1780, 
remplaça en 1782, à Saint-Pétersbourg, le marquis de Vérac, rappelé sur sa demande. On 
trouvera au tome II, page 463, de la première édition de la Correspondance, une jolie lettre 
du comte de La Torre à Buffon, datée du 23 décembre 1781 de Vienne, d’où il était absent 
lors du premier voyage du fils de Buffon en Allemagne, qui fut reçu à sa place par François 
Barthélemy, premier secrétaire de l’ambassade. (Voir lettre du 23 janvier 1782 à la 
comtesse de Grimondi.) 


LETTRE CCCCXCIV

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