Histoire Naturelle by Buffon : the web edition 

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Autour d'Ampère, photo : stéphane pouyllau, CNRS

Correspondance de Buffon, édition électronique, Lettre L511

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LE Cte DE BUFFON à M. TRÉCOURT  - Date : 25 avril 1783  - Lieu : Paris

	
		
LETTRE DXV A M. TRÉCOURT.
Paris, le 25 avril 1783. J’ai reçu, monsieur Trécourt, votre lettre avec les rôles de la dépense, jusques et compris le 19 avril, et je vois qu’il ne reste entre vos mains qu’une somme de 16 livres 15 sous 6 deniers. J’écris par cet ordinaire à M. Guérard de vous remettre encore 150 livres, afin que vous puissiez subvenir à la dépense de la prochaine quinzaine1. Je suis bien aise que vous ayez fait achever la plantation des pins2 et que l’humidité de la saison ait déjà fait pousser tous nos jeunes arbres ; il faut soigneusement recommander au sieur Caniant3 de ne laisser entrer aucun bétail dans ces plantations, non plus que dans le jeune taillis de ce bois. J’écris aussi à M. Guérard qu’il est nécessaire d’aller avec vous aux bois et à la plantation d’Aigremont4, et à ceux de Saint-Georges et de Lucenay5 ; ainsi, prenez jour avec lui et menez avec vous le sieur Caniant et le garde de Buffon. Ce n’est pas mal employer votre temps que d’aller, le plan à la main, reconnaître les cantons de mes bois, et vous avez très bien pensé que pour plus de facilité il fallait avoir un plan réduit ; je suis bien aise que vous l’ayez entrepris, persuadé que vous en viendrez à bout, et vous pourriez faire acheter à Semur les couleurs qui vous manquent pour enluminer vos plans. Vous pouvez payer à Bréon les deux journées qu’il réclame, quoique je n’en aie aucune connaissance. Vous avez bien fait de planter dans votre jardin les deux poiriers et l’abricotier ; je souhaite qu’ils réussissent, et je veux que vous les gardiez pour vous. Vous connaissez tous les sentiments d’attachement que j’ai pour vous, et je vous prie d’en être persuadé. LE Cte DE BUFFON. (Collection Nadault de Buffon.)

Notes de l'édition originale :
1 Pour le payement des nombreux ouvriers que Buffon ne cessa jamais d’employer dans 
ses constructions, dans ses bois, dans ses jardins de Montbard et ses forges. 
2 A cette époque, Buffon s’occupait encore de sylviculture et d’arboriculture, 
science à laquelle il avait consacré ses premières études après la botanique, et qui a fait 
l’objet de ses expériences et de ses démêlés avec Duhamel du Monceau. (Voir t. Ier, p. 177, 
note 2.) 
3 Un des nombreux gardes forestiers de Buffon. Tous ont reçu une pension à sa mort, 
de même que les veuves de ceux qui étaient restés un certain temps à son service. 
4 Buffon, ennemi du déboisement et qui avait présenté au Conseil et au Roi 
d’importants mémoires sur cette question, avait considérablement augmenté son domaine forestier 
par des semis et des plantations. Il écrivait le 14 septembre 1781 à M. Juillet, lieutenant 
général des eaux et forêts à Dijon : « Dans ces 2,200 arpents de bois, il y en a 1,500 qui ont 
été acquis il y a près de cent vingt ans par mes prédécesseurs…, et, à l’égard des 600 arpents 
de plus, ce sont des plantations que j’ai faites. » (T. II, p. 77.) 
5 Lucenay-le-Duc, principal centre des bois appartenant à Buffon avec Saint-Georges 
et Aigremont pour dépendances, à 12 kilomètres de Montbard, à 16 de Semur. 


LETTRE DXV

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