Histoire Naturelle by Buffon : the web edition 

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Autour d'Ampère, photo : stéphane pouyllau, CNRS

Correspondance de Buffon, édition électronique, Lettre L502

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BUFFON à PRÉSIDENT DE RUFFEY  - Date : 13 janvier 1783  - Lieu : Montbard

	
		
LETTRE DVI AU PRÉSIDENT DE RUFFEY.
Montbard, le 13 janvier 1783. Votre vieille muse, mon cher Président, sera toujours jeune et fraîche dès qu’il s’agira de célébrer la vertu. L’âme, comme vous le savez, ne vieillit pas, et c’est dans la vôtre que vous puisez ces nobles sentiments si bien exprimés dans vos Stances1 à notre digne Intendant2, digne en effet de nos hommages par ses vertus, par ses lumières et le bon usage qu’il fait de son autorité. Vous avez très bien fait d’envoyer cette pièce de vers à votre Académie ; elle la fera sans doute imprimer, sinon vous pourriez la donner pour le Mercure3 ou à quelque autre journal. Cela ne peut pas blesser la modestie de M. de Brou, parce que rien n’y est exagéré, et en même temps cela peut faire grand bien et engager messieurs ses confrères intendants à imiter son exemple, et il aura toujours l’honneur de l’avoir donné, ce grand et bon exemple. Quand viendrez-vous donc, mon très cher ami, visiter votre vieux château de Montfort4, que vous ne voulez ni vendre ni garder ? Je reste ici jusqu’au 15 mars ; j’y reviendrai passer l’été. Prenez un moment pour y venir. J’aurais la plus grande joie de vous renouveler, en vous embrassant, tous les sentiments de ma tendre amitié et du respectueux attachement que je vous ai voué pour la vie. BUFFON. (Appartient au comte de Vesvrotte.)

Notes de l'édition originale :
1 Nous avons inutilement cherché les Stances du président de Ruffey dans le Mercure 
et les Mémoires de l’Académie de Dijon. 
2 Charles-Henri de Feydeau, marquis de Brou, intendant de la province de Bourgogne 
de 1780 à 1783, déjà nommé. 
3 Il ne devait pas être difficile à Buffon de faire recevoir les productions de ses 
amis au Mercure, dont Panckoucke, son obligé et son ami, était l’éditeur. 
4 La terre de Montfort, dont nous entendons souvent Buffon parler à son ami le 
président de Ruffey, possédait en effet un vieux château féodal dans un des sites les plus 
pittoresques de cette partie de la Bourgogne. Ses ruines se voient encore aujourd’hui sur une 
hauteur qui domine la route de Montbard à Semur ; l’horizon est borné par la lisière des bois ; 
dans la vallée coule bruyamment l’Armançon. Une tour imposante, couronnée de créneaux et de 
mâchicoulis, et la façade du nord sont encore debout. La forteresse a sa légende, et, il y a 
quelques années encore, on voyait fréquemment s’acheminer vers la hauteur les habitants de la 
plaine pour consulter une vieille femme étrangère au pays, qui habitait les ruines. Avant de 
répondre, elle jetait une paire de canards dans un puits creusé à une grande profondeur. Ils 
reparaissaient à la rivière, à plusieurs kilomètres de distance ; elle en tirait des présages 
et emportait les canards. 


LETTRE DVI

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