LE Cte DE BUFFON à
L’ABBÉ BEXON
- Date :
16 décembre 1782 - Lieu :
Montbard
LETTRE DIV
A L’ABBÉ BEXON.
Montbard, le 16 décembre 1782.
Je reçois les quatre cahiers du fer, et je remercie mon très cher abbé des courtes remarques
qu’il a cru devoir y joindre et que je n’ai pas encore eu le temps d’examiner, mais que je
crois bonnes comme tout ce qui vient de lui.
Je joins ici une lettre d’avis pour les cristaux qu’on voudrait vendre. Le Cabinet n’est pas
trop en état d’acheter ; néanmoins, si c’était chose unique ou très rare, je pourrais m’y
déterminer. Faites-moi donc le plaisir, mon cher monsieur, d’aller à votre loisir voir ces
morceaux, et de me dire ce que vous en pensez, ainsi que le prix qu’on en
demanderait2. Mes tendres amitiés et respects à vos dames.
LE Cte DE BUFFON.
(Publiée par François de Neufchâteau et Flourens.)
Notes de l'édition originale :
2 Buffon achetait peu pour le Cabinet du Roi, et on serait surpris du chiffre minime
que les collections du Muséum ont coûté à l’État du vivant de Buffon. Elles se sont constamment
enrichies des dons généreux des particuliers, des envois des correspondants créés par lui, et
de ceux faits par les savants, à qui son crédit faisait donner des missions scientifiques.
Mais, on ne saurait trop le répéter à l’honneur de Buffon, la majeure partie des collections du
Muséum est formée des dons particuliers qui lui étaient faits par les souverains, les
naturalistes, les collectionneurs et les voyageurs de toutes les nations. Les seuls envois de
la Russie représentent une valeur considérable.
La véritable origine de la richesse du Muséum, c’est, en réalité, la grande renommée et le
désintéressement de Buffon.
LETTRE DIV