LE Cte DE BUFFON à
M. HÉBERT
- Date :
30 juin 1782 - Lieu :
Montbard
LETTRE CCCCLXXXI
FRAGMENT A M. HÉBERT.
Montbard, ce 30 juin 1782.
… Mme de Saint-Marc2 doit être accoutumée à recevoir des éloges, mais je ne crains
pas de dire à son cher papa qu’elle les mérite autant par son caractère et son esprit que par
sa figure charmante. Faites-lui mention de moi, je vous supplie, ainsi qu’à sa chère maman.
On m’écrit aussi de Paris que la paix est prête à se conclure3 ; je le désire
encore plus que je ne l’espère. Ce qu’il y a de sûr, c’est que le siège de Gibraltar inquiète
cruellement les Anglais, parce qu’il y a toute apparence que la place sera forcée de se rendre
peut-être avant six semaines ou deux mosi4.
Je vous renouvelle mes remerciements avec ma reconnaissance et tous les sentiments de
l’inviolable et respectueux attachement avec lequel j’ai l’honneur d’être, monsieur, votre très
humble et très obéissant serviteur.
LE Cte DE BUFFON.
(Publiée en 1855 par M. Louis Paris dans le Cabinet historique.)
Notes de l'édition originale :
2 Fille de M. Hébert, mariée à André Colin de Saint-Marc, directeur général des
fermes, déjà nommée dans une lettre de Buffon au même du 15 mai 1781. (V. t. II, p. 54.)
3 La paix ne fut signée que l’année suivante, en 1783.
4 Gibraltar ne fut pas pris. Le siège dura trois ans ; et on y vit paraître, pour
la première fois, les batteries flottantes inventées par l’habile ingénieur chevalier d’Arçon.
LETTRE CCCCLXXXI