Buffon et l'histoire naturelle : l'édition en ligne 

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Chronologie de la vie de Buffon

La chronologie que nous proposons ici présente, année par année, les informations connues sur les grandes étapes de la vie de Buffon sur les plans familial, institutionnel et intellectuel.
Notre dette est évidemment grande à la magistrale biographie donnée par Jacques Roger, Buffon, un philosophe au Jardin du Roi (Paris, Fayard, 1989).
Pour le reste, nous nous sommes reportés aux sources principales que J. Roger lui-même avait mobilisées : en particulier, la correspondance imprimée et inédite et l’ouvrage de Lesley Hanks, Buffon avant l’Histoire naturelle (Paris, PUF, 1966).

Chronologie réalisée par Thierry Hoquet, mise à jour en juillet 2005.

7 septembre 1707 Naissance de Georges-Louis Leclerc à Montbard en Bourgogne, fils premier né de Benjamin-François Leclerc et d'Anne-Christine Marlin. On lui donne comme parrain un oncle de sa mère, Georges Blaisot, qui est sans enfant et qui a fait fortune comme collecteur des impôts du duc de Savoie.
1714 Mort de l'oncle, Georges Blaisot.
1717 Mort de la veuve de Georges Blaisot. La fortunedes Blaisot passe au jeune Georges-Louis. Son père achète la terre de Buffon, un petit village à quelques kilomètres au nord de Montbard.
1717 Benjamin-François achète la charge de conseiller au Parlement de Bourgogne. La famille quitte Montbard pour s'installer à Dijon.
1717-1723 Geroges-Louis étudie chez les Jésuites, au Collègedes Godrans, à Dijon. Il a pour condisciple Charles De Brosses. Il dit avoir à cette époque redécouvert seul le binôme de Newton.
1723 Georges-Louis quitte le collègeet s'inscrit à la faculté de droit de Dijon. Il fait la connaissance de Richard de Ruffey, fils d'une famille parlementaire dijonaise, qui a fait son collège à Louis-le-Grand à Paris. Il fréquente le cercle du président Bouhier, grande figure de la vie intellectuelle dijonnaise.
1726 Buffon obtient sa licence de droit et décide d'abandonner le droit et la magistrature.
1727 Première lettre à Gabriel Cramer, professeur de mathématiques à Genève.
1728 Buffon quitte Dijon pour Angers, où il fait des mathématiques et de la botanique. Il herborise avec un étudiant en médecine, botaniste enthousiaste, Berthelot du Paty. Un duel l'oblige à quitter la ville.
1728 De retour à Dijon, Buffon rencontre un jeune seigneur anglais, le duc de Kingston. Les deux jeunes gens (Kingston est de quatre ans plus jeune que Buffon) se prennent d'amitié.
1729 Benjamin-François doit revendre la terre de Buffon, au moment même où son fils commence à se faire appeler "Leclerc de Buffon".
Juin 1730 Richard de Ruffey entre au Parlement de Bourgogne, après Charles de Brosses en février. Il s'agit là du parcours typique des jeunes Dijonnais de grande famille.
Novembre 1730 Kingston et son précepteur; un médecin nommé Nathaniel Hickman, quittent Dijon. Buffon les accompagne. Les voyageurs se rendent à Nantes, puis de là à La Rochelle, Rochefort, Bordeaux en janvier 1731), puis Montauban, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Béziers et Montpellier (en avril 1731). Dans ses lettres, Buffon célèbre la bonne chère et le beau sexe.
1731?? Lettre à Cramer sur le "jeu de croix ou pile" (pile ou face) que Buffon reprendra en 1777.
Mai 1731 Les voyageurs atteignent Lyon. Buffon doit quitter ses compagnons pour rejoindre Dijon.
Août 1731 La mère de Buffon meurt.
Octobre 1731 Buffon est à Genève, avec Gabriel Cramer, avec qui il a déjà correspondu.
fin 1731 Voyage en Italie avec Kingston et Hickman : Turin, Milan, Gênes, Pise, Florence et Rome (en janvier 1732), où il passe le carnaval.
Mars 1732 Kingston et Hickman s'inscrivent à l'Université de Padoue. Buffon rentre à Dijon.
Juillet 1732 Buffon s'installe à Paris pour y continuer sa carrière scientifique. Il demeure faubourg Saint-Germain, chez Gilles-François Boulduc, apothicaire du Roi, membre de l'Académie des Sciences (depuis 1716) et professeur de chimie au Jardin du Roi. Il ne néglige pas les plaisirs de Paris, l'Opéra et les cafés.
Août-Octobre 1732 Veuf depuis un an, le père de Buffon projette de se remarier avec Antoinette Nadault, une jeune femme de 22 ans. Buffon retourne à Montbard et tente de s'opposer à cette union pour préserver sa fortune.
31 décembre 1732 Benjamin-François Leclerc épouse Antoinette Nadault en secondes noces. Buffon n'assiste pas au mariage et menace de faire un procès : il demande à son père de lui rendre des comptes de la fortune qui lui revient de sa mère.
Janvier 1733 Le président Bouhier écrit que Buffon est "sur le point d'être reçu à l'Académie des sciences de Paris".
Printemps 1733 Buffon obtient gain de cause: il peut racheter la terre de Buffon et disposer de l'héritage de l'oncle Blaisot.
Avril 1733 Buffon présente à l'Académie le mémoire Solutions de problèmes sur le jeu de franc-carreau. Les rapporteurs sont Clairaut et Maupertuis.
Avril 1733 Le rapport de Clairaut et Maupertuis est élogieux. Le mémoire lui-même est lu par Clairaut en séance, honneur rare.
Mai 1733 Buffon, avant même d'entrer à l'Académie, commence à faire des expériences sur la résistance du bois. Il répond par là à une demande déjà ancienne adréssée dès 1731 aux Académiciens, par Maurepas, ministre de la marine.
Automne 1733 Buffon rentre à Paris.
1733 Buffon répond à une demande du prince de Condé qui souhaitait constituer une collection minéralogique pour le château de Chantilly.
25 novembre 1733 Buffon lit à l'Académie un "écrit de géométrie" (en fait, une étude sur un problème de mécanique).
12 décembre 1733 Un poste d'associé astronome est à pourvoir. L'Académie propose le nom de Buffon (qui n'a rien fait en astronomie) et celui de Maraldi, qui était déjà adjoint. Le roi choisit Maraldi mais ordonne de plus que Grandjean de Fouchy, adjoint-académicien, passe dans la classe d'astronomie. Il faut donc élire un adjoint-mécanicien.
1734 Georges-Louis Leclerc se fait désormais appeler Buffon.
9 janvier 1734 Le Roi, conseillé par Maurepas, choisit Buffon qui devient adjoint-mécanicien.
Printemps 1734 Buffon repart pour Montbard où il restera jusqu'à l'automne, pratique contraire aux usages académiques (les vacances académiques ne durent que du 8 septembre à la Saint-Martin, le 11 novembre).
1734 Buffon crée une pépinière à Montbard. Il entreprend également des travaux importants : faisant raser l'ancienne demeure, annexant une partie des ruines du château et terrassant les jardins.
1735 Les États de Bourgogne tiennent à Dijon leur réunion triennale, présidée par le prince de Condé, dont Buffon se fait remarquer.
1735 Publie la traduction française d'un ouvrage de Stephen Hales, Vegetable Staticks, paru en 1727, avec une préface.
Printemps 1735 Comme il le fera désormais tous les ans, Buffon part pour Montbard, dont il ne reviendra qu'à l'automne.
1736 Avec l'appui du prince de Condé, Buffon revend sa pépinière à la Province. Il fait un large bénéfice et s'en fait nommer directeur avec un traitement annuel de 1200 livres. Buffon donne à Montbard une grande fête pour célébrer la naissance du fils du prince de Condé.
Mars 1736 Buffon présente un second mémoire sur le jeu de franc-carreau.
1737 Buffon se fait envoyer de Paris plusieurs livres de chimie (Boerhaave, Mariotte). Il est engagé, par l'intermédiaire de Bouhier, dans une polémique sur la génération avec Louis Bourguet, professeur à Neuchâtel.
1737-1744 Buffon présente, soit seul, soit en collaboration avec Duhamel du Montceau, des mémoires sur la résistance des bois et sur les forêts.
Décembre 1738 Buffon présente à l'Académie un mémoire Sur les mesures, dont le texte est perdu et qui ne nous est connu que par l'Essai d'arithmétique morale.
1738-1739? Buffon aurait fait un court voyage en Angleterre, où il aurait retrouvé un ami du collège, l'abbé Le Blanc et aurait été reçu membre de la Royal Society de Londres. Lesley Hanks a montré que la date de ce séjour est difficile à déterminer (pp. 253-257).
18 mars 1739 A l'Académie des sciences, Buffon quitte la section de mécanique et est transféré dans la section de botanique.
Avril 1739 Le Roi offre à Buffon la surintendance de toutes les forêts du domaine royal. Buffon refuse.
fin mai 1739 Buffon, qui n'est encore qu'adjoint de botanique, est promu associé de botanique (sur le siège de Bernard de Jussieu, qui vient d'être promu pensionnaire).
Juin 1739 Le Roi accorde une pension de 2000 livres à Buffon, pour le dédommager de ses frais de recherches et lui permettre de continuer ses expériences sur le bois.
16 juillet 1739 Charles de Cisternay du Fay, intendant du Jardin du Roi, meurt de la petite vérole, à l'âge de 41 ans. Buffon se place aussitôt sur les rangs pour la succession, comme il l'indique dans une lettre à Jean Hellot, l'exécuteur testamentaire de Du Fay. Du Fay (à la demande de Hellot) a adjoint à son testament une lettre qui suggère à Maurepas le nom de Buffon pour lui succéder.
25 juillet 1739 La candidature de Buffon est présentée au Roi. Buffon est nommé le lendemain, avec 3000 livres d'appointements par an. La décision fait scandale chez les naturalistes: on attendait Duhamel du Montceau, de sept ans l'aîné de Buffon.
Août 1739 Buffon apprend sa nomination au Jardin du roi, probablement vers le 10. Il doit quitter précipitamment Montbard pour Paris, où il reçoit des caisses de plantes envoyées à son prédecesseur.
Automne 1739 Helvétius passe deux mois à Montbard.
1740 Création de l'Académie de Dijon. Buffon en est membre.
1740 Buffon publie une traduction d'un ouvrage de Newton, La Méthode des fluxions et des suites infinies. Il travaille à partir de la version anglaise de 1736, par John Colson. La préface que Buffon donne à sa traduction fait l'histoire du calcul infinitésimal.
Août 1740 Présentation à l'Académie du mémoire sur les fusées volantes
1741 Buffon annonce à Martin Folkes la découverte du polype.
Août 1741 En compagnie de son parent Jean Nadault, Buffon découvre des carrières de marbre à La Louère, près de Montbard, et obtient un privilège du roi pour les exploiter. L'affaire, peu rentable, sera vite abandonée.
1742 Au Jardin du roi, Buffon fait nommer l'anatomiste Jacques-Bénigne Winslow "Démonstrateur et opérateur et des opérations pharmaceutiques", en remplacement de François-Joseph Hunauld.
1742 Buffon soutient Artur, médecin du roi à Cayenne, qui lui envoie des spécimens de plantes et qui souhaite voir augmenter ses appointements. Maurepas crée, à l'instigation de Buffon, un brevet (purement honorifique) de "Correspondant du jardin du Roi".
1743 "Dissertation sur les causes du strabisme", "Dissertation sur les couleurs accidentelles".
1743 Au Jardin du roi, Rouelle remplace Boulduc et Bourdelin succède à Louis Lémery.
1744 Buffon devient trésorier perpétuel de l'Académie, ce qui lui vaut une pension supplémentaire de 3000 livres.
1744 Buffon se fait donner la collection de pièces anatomiques de Bonnier de Mosson.
3 octobre 1744 A cette date, Buffon déclare avoir achevé l'Histoire et théorie de la terre.
1745 Jean-André Thouin est nommé chef-jardinier au Jardin du roi. Louis-Jean-Marie Daubenton, médecin de Montbard, parent de Buffon, est nommé "Garde et démonstrateur du Cabinet d'Histoire naturelle".
1745-1746 Rapports académiques sur un travail de Deparcieux, "Sur les probabilités de la vie".
20 septembre 1745 Buffon déclare avoir terminé la rédaction de De la Formation des planètes.
6 février 1746 Date portée à la fin des cinq premiers chapitres de l'Histoire des animaux.
Novembre 1746 Rapport de Buffon et Nicole sur un ouvrage de Deparcieux.
1747 Buffon achète pour le Jardin du Roi et aux frais de l'État, un singe d'Angola, qu'il paie 1200 livres.
15 novembre 1747 Clairaut publie son mémoire "Du système dumonde dans les principes de la gravitation universelle", qui signale un écart entre les mouvements de la lune et les calculs donnés par la loi d'attraction.
1748 Buffon se fait donner par le Roi une magnifique table de marbre italienne, qu'il a remarquée dans la Salle des gardes du Louvre. (Elle orne aujourd'hui la galerie de Minéralogie du Muséum).
20 janvier 1748 "Réflexions sur la loi d'attraction", mémoire lu devant l'Académie et imprimé en partie dans les Mémoires pour l'année 1745.
Mars à mai 1748 Série d'observations sur la "liqueur séminale", menées avec l'abbé Needham et quelques collaborateurs (Daubenton, Dalibard, Guéneau de Montbeillard).
Mi-mai 1748 Le premier volume de l'Histoire naturelle est à demi imprimé. Il sera achevé début septembre. Le second volume est alor sous presse. La gravure des planches retarde la parution.
18 mai 1748 Buffon dépose à l'Académie ses recherches sur la génération, sous la forme d'un pli cacheté. Ces travaux seront présentés devant l'Académie le 14 décembre.
Octobre 1748 Le Journal des savants annonce au public une histoire naturelle en quinze volumes, contenant la description des trois règnes de la nature, des minéraux à l'homme "considéré comme animal avec ses mœurs selon les races et les climats".
Décembre 1748 Lecture du mémoire "Découverte de la liqueur séminale dans les femelles vivipares, et du réservoir qui la contient".
17 mai 1749 "Avertissement" de Clairaut à l'Académie, adjoint d'une note qui réfute une 'Addition" faite par Buffon à son mémoire. La polémique se prolonge et porte désormais sur les rapports entre les mathématiques et le physique (le réel).
25 mai 1749 Dans sa correspondance, Réaumur prend ses distances avec l'ouvrage de Buffon et Daubenton: "Je n'ai aucune part à cet ouvrage."
Juillet 1749 Rapport académique (avec Mairan et Ferrein) sur la méthode de Jacob Rodrigues Pereire ("Sur les effets de son art pour apprendre à parler aux sourds-muets de naissance; et en particulier, les progrès faits par M. d'Azy d'Etavigny, son élève").
Août 1749 L'impression des trois premiers volumes de l'Histoire naturelle est terminée.
Septembre1749 Parution des trois premiers volumes in-quarto de l' Histoire naturelle générale et particulière, avec la description du cabinet du roi. Le tirage est compris entre cinq cents et mille exemplaires. Il sera épuisé en six semaines.
Septembre 1749 D'Alembert se plaint du manque de calculs dans l'Histoire naturelle. Il écrit au mathématicien genevois Gabriel Cramer: "Vous nous trouverez bien maltraités dans le nouvel ouvrage de Buffon".
Octobre 1749-mai 1750 Recensions plutôt élogieuses dans les Mémoires de Trévoux, dans le Journal des savants, dans les Lettres sur quelques écrits de ce temps de Fréron.
1750 Traduction allemande de l'Histoire naturelle, paraît à Hambourg et Leipzig. Le tome II commence par une préface de Albrecht von Haller.
1750 Malesherbes, Observations sur l'Histoire naturelle. (Elles resteront inédites jusqu'en 1798).
Début 1750 En allant à Versailles, Buffon a un accident : sa voiture verse et il est à moiitié étouffé par le poids de ses deux compagnons de voyage.
Février 1750 Buffon annonce le tome IV de l'Histoire naturelle pour le mois de juillet et, conformément au plan initial de l'ouvrage, toute l'histoire des quadrupèdes en deux volumes pour mai 1751.
6 février 1750 Les Nouvelles Ecclésiastiques, organe semi-clandestin du parti janséniste, attaquent violemment l'Histoire naturelle.
Avril 1750 Second tirage de l'Histoire naturelle, suivi d'une édition in-12.
Automne 1750 L'Histoire naturelle est examinée par la Faculté de théologie.
1751 Publication anonyme des Lettres à un Amériquain, sur l'Histoire naturelle, générale et particulière,qui paraissent avec la mention "Hambourg". En réalité, l'ouvrage a été imprimé à l'Arsenal, chez Mme la Duchesse du Maine, protectrice de Réaumur. L'ouvrage est du père oratorien Lelarge de Lignac, proche collaborateur de Réaumur.
1751 Haller, Réflexions sur le système de la génération de M. de Buffon.
1751 Buffon figure au tableau d'honneur dressé par D'Alembert au début du Discours préliminaire de l'Encyclopédie. Sous l'éloge, point la critique des systèmes. Buffon répond: "Il est grand, très bien écrit et encore mieux raisonné."
15 janvier 1751 Les députés et syndic de la Faculté de la théologie de Paris envoient à Buffon la liste des quinze propositions jugées répréhensibles.
12 mars 1751 Buffon fait amende honorable sur tous les points attaqués par les théologiens. Il s'offre à publier les propositions condamnées en tête du quatrième volume de l'Histoire naturelle, à paraître. La Faculté se déclarera satisfaite dans son assemblée du 1er avril. Buffon triomphe dans une lettre à LeBlanc du 24 avril: "De cent vingt docteurs, j'en ai eu cent quinze, et leur délibération contient même des éloges auxquels je ne m'attendais pas."
4 mai 1751 La Faculté de théologie envoie sa réponse officielle: la proposition de publication a été reçue "avec une extrême joie".
février 1752 À la suite de la polémique entre l'abbé Nollet et Benjamin Franklin, Buffon fait des expériences sur l'électricité et la foudre et fait installer un paratonnerre. Il poursuivra ses expériences en juillet.
Mars 1752 Mémoire intitulé "Nouvelle invention des miroirs ardents" (Buffon a déjà présenté des expériences sur ce sujet en juin 1747). À partir de cette date, Buffon ne présentera plus de mémoires devant l'Académie des sciences.
1752 Richard de Ruffey crée une société littéraire à Dijon. Buffon en fait partie.
19 septembre 1752 Buffon va se marier. Il quitte Paris, couche à Sens, repart le lendemain matin, couche à Cussy-les-Forges, et arrive le 21 chez son futur beau-père, François-Henri de Saint-Belin. La jeune fille est d'une vieille famille de noblesse bourguignonne, sans le sou. Signature du contrat de mariage.
22 septembre 1752 Buffon, âgé de 45 ans, se marie avec Marie-Françoise de Saint-Belin-Malain, âgée de 20 ans. Marie-Françoise était pensionnaire au couvent des Ursulines de Montbard, dont la supérieure, mère Saint-Paul, est la soeur de Buffon. Les témoins sont Daubenton et Guéneau de Montbeillard.
25 août 1753 Le Bourguignon Piron ayant été refusé par le roi, c'est Buffon qui est reçu à l'Académie française, sans avoir eu à faire les traditionnelles visites. Il succède l'archevêque de Sens, Languet de Gergy. Son discours de réception, le fameux "Discours sur le style", ne mentionne même pas son prédécesseur.
27 août 1753 Publication du tome IV de l'Histoire naturelle, deux jours après la réception de Buffon à l'Académie française. Il contient la rétractation de Buffon qui entend montrer sa soulmission à l'Écriture sainte.
1755 Histoire naturelle, vol. V.Condillac publie le Traité des animaux, où, après avoir fait des observations critiques sur le sentiment de Descartes et sur celui de M. de Buffon, on entreprend d'exliquer leurs principales facultés.
1756 Histoire naturelle, vol. VI. Avec l'article du Chat, la série des animaux domestiques prend fin.
1758 L'agronome Tillet entre à l'Académie des Sciences et sert d'adjoint à Buffon dans ses charges de trésorier.
1758 Histoire naturelle, vol. VII.
2 janvier 1758 Une ordonnance royale confie à Buffon la charge de so'ccuper du legs de Réaumur, mort le 17 octobre 1757. Tout ce qui concerne l'histoire naturelle est déposé au Cabinet du Roi, en particulier un grand nombre de minéraux et d'oiseaux desséchés. Cet afflux massif de sources détermine Buffon à entreprendre l'histoire des oiseaux.
25 mai 1758 Naissance de Marie-Henriette, première fille de Buffon. La mère se remet lentement de ses couches.
1759 Grimm attaque le Discours sur les animaux carnassiers, paru dans le tome VII.
Automne 1759 La femme de Buffon tombe gravement malade à Montbard. Sa fille, la petite Marie-Henriette, meurt le 14 octobre. On l'enterre dans la crypte de la chapelle seigneuriale que Buffon vient de construire au flanc de l'église paroissiale.
Hiver 1759 Les caisses de l'État sont vides et la guerre de Sept Ans se poursuit. À la suite du roi, les nobles (dont Buffon) envoient leur vaisselle à la Monnaie.
1760 Buffon est directeur de l'Académie française.
1760 Ode à M. de Buffon sur ses détracteurs, par Ponce-Denis Ecouchard-Lebrun, dit Lebrun-Pindare.
1760 ou 1761 Buffon fait faire par Drouais son portrait et celui de sa femme.
1760 Histoire naturelle, vol VIII.
1761 Histoire naturelle, vol IX.
21 janvier 1761 Discours de réception de La Condamine à l'Académie française.
1763 Histoire naturelle, vol. X.
1764 Avant de mourir, la marquise de Pompadour envoie à Buffon son carlin, son perroquet et son sapajou qui finiront leurs jours à Montbard.
1764 Histoire naturelle, vol. XI et XII. Mort du libraire Durand, à qui Buffon a cédé l'édition de l'Histoire naturelle. Buffon rachète les droits de son ouvrage pour la somme (énorme) de 179 000 livres.
22 mai 1764 Naissance du premier fils de Buffon, Georges-Louis-Marie, bientôt appelé Buffonet. Il est aussitôt baptisé. On lui donne pour parrain et pour marraine deux pauvres de la paroisse.
1765 Histoire naturelle, vol. XIII.
1766 Histoire naturelle, vol. XIV. Quatre cahiers de l'Histoire naturelle des oiseaux sont déjà parus, comportant 24 planches chacun. Buffon les vend un louis le cahier.
Été 1766 Mme de Buffon prépare la nouvelle maison du couple: Hôtel Lebrun, rue des Fossés Saint-Victor, près du Jardin du roi.
1767 Buffon se lance dans l'aventure des forges dans son village.
1767 Intervient en faveur des paysans de Marmagne, un hameau près de Montbard, que les moines de Fontenay menacent d'engloutir.
1767 Histoire naturelle, vol. XV.
Mai 1767 Mme de Buffon est malade, suite à une chute de cheval.
Été 1767 Série d'expériences sur la chaleur, qui vont nourrir le premier tome des Suppléments.
Décembre 1767 Mme de Buffon est toujours à Paris, fort affaiblie.
Mars 1768 L'état de santé de Mme de Buffon se dégrade. Sa mâchoire est bloquée.
1769 Buffon obtient pour son fils (alors âgé de cinq ans) la survivance de sa place au Jardin du roi, ainsi que le report sur sa tête des deux tiers d'une pension de 6000 livres.
9 mars 1769 Mort de Mme de Buffon, âgée de 37 ans. Buffon est fort affecté par cette perte. Il en demeurera malheureux pendant près de deux ans.
1770-1783 Parution des neuf volumes in-4° de l'Histoire naturelle des oiseaux, avec les gravures en noir.
Printemps 1770 Oiseaux, I. Jean-Jacques Rousseau passe par Montbard. On raconte qu'il s'agenouilla dans le parc où Buffon avait installé son cabinet de travail.
Printemps 1770 Les travaux des forges sont achevés.
1771-1786 Parution de l'édition de luxe des Oiseaux, avec des gravures enluminées, en dix volumes in-folio.
1771 Oiseaux, II.
Février 1771 Buffon se trouve à Paris et tombe gravement malade (dysenterie? gravelle?). On fait venir d'urgence son frère, prieur de l'abbaye du Petit-Cîteaux, qui le veille en compagnie de M. Laude, le précepteur de Buffonet. Les médecins le croient perdu. On lui donne pour successeur Charles-Claude Flahaut, comte de La Billarderie d'Angivilliers. Finalement, l'état de santé du malade s'améliore dans le nuit du 16 au 17.
Avril 1771 Buffon recommence à travailler.
8 mai 1771 Buffon rentre à Montbard. Il se réconcilie avec son père, âgé de 89 ans. Les deux hommes signent un traité de famille : Buffon prend son père chez lui et celui-ci l'institue son légataire universel.
1772 Buffon vend à Panckoucke une édition in-12 de l'Histoire naturelle, dépouillée des descriptions anatomiques de Daubenton.
1772 En procès avec la ville de Montbard et son échevin, Mandonnet.
1772 Achat d'une grande maison (dite "maison de Buffon") au Jardin du roi et du "clos Patouillet", grand terrain qui s'étend entre le Jardin et la Bièvre.
1772 Début de la collaboration avec Bexon, "petit abbé bossu et contrefait".
Juillet 1772 Les lettres patentes "portant érection de la terre de Buffon en comte" sont publiées.
1773 Le Salon expose un buste en marbre de Buffon par Pajou. La statue complète, haute de 3 mètres, sera achevée en 1776 et placée au Jardin du Roi.
1773 Buffonet, âgé de neuf ans, entre comme externe au collège du Plessis à Paris.
5 août 1773 Devant l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, qui inaugure ce jour-là son nouveau siège, hôtel de Pringles, Buffon lit en primeur les premièrs pages du texte encore inédit des Époques de la Nature.
1774 Réconciliation avec Voltaire. Buffon s'excuse d'avoir maltraité la Lettre italienne sur les coquilles.
1774 Étudie l'état des arbres qu'il avait plantés quarante ans plus tôt au cours de ses premières expériences.
Mai 1774 Suppléments I. L'ouvrage est disponible à partir de la première quinzaine de mai. Buffon est indisposé. Le voyageur James Bruce, de retour de son exploration des sources du Nil, passe à Montbard vers le 19. Il y reste 12 jours, puis part pour Paris.
Juin 1774 La publication des Suppléments II est bien avancée mais elle est retardée car l'Imprimerie royale "a des choses pressées".
1775 Suppléments II. Oiseaux III. Buffon révèle que l'article du Paon, très admiré dans le volume II, est en réalité l'œuvre de Guéneau de Montbeillard.
3 mai 1775 Election du maréchal de Duras à l'Académie française. Il sera reçu le 15 (discours de Buffon).
1776-1785 Buffon est en procès avec des fermiers du village des Arrans, hameau de Montbard, qui refusent de payer l'impôt de la tierce (une gerbe sur treize).
1776 Suppléments III. Rencontre le chevalier de Lamarck, un ancien officier âgé de 32 ans, devenu botaniste.
1776-1777 Sonnini de Manoncourt passe l'hiver à Montbard où il travaille avec Buffon.
1776 En procèsavec les marchands de bois qui utilisent l'Armançon pour faire flotter leur bois en direction de Paris.
1777 Buffon afferme ses forges à un certain Chesneau de Lauberdière et à sa femme.
1777 Publication de la Flore française, par Lamarck.
1777 Suppléments IV. Contient une collection de discours académiques; et surtout l'Essai d'arithmétique morale.
1777 Mort de Charles de Brosses.
1778 Création d'une société pour la recherche et l'exploitation des mines de charbon et la fabrication du coke. La société est patronnée par Necker et Maurepas; elle comprend parmi ses actionnaires plusieurs commis des ministères. Buffon y engage 12000 livres dès l'origine puis plus de 27000 livres. La société est très vite en difficulté, vraisemblablement faute d'un directeur compétent.
1778 Oiseaux IV et V. Buffon entre en relation avec Lacépède, bientôt chargé de rédiger l'histoire des quadrupèdes ovipares et des serpents.
1779 Oiseaux VI. Lutte contre la Compagnie des fiacres qui veut installer ses écuries dans l'hôtel de Magny, tout près du Jardin.
1779-1786 Campagne d'acquisitions de terrains qui permettent l'agrandissement du Jardin. La plupart des achats sont financés par Buffon sur ses deniers propres.
Printemps 1779 Suppléments V. Époques de la Nature. Le volume porte la date de 1778 mais n'est mis en vente que le 10 avril 1779.
Automne 1779 L'abbé Royou dénonce l'ouvrage à la Sorbonne et l'attaque dans L'Année littéraire. La Sorbone se saisir de l'affaire en novembre. Buffon promet à nouveau de publier une rétractation dans son volume suivant.
Décembre 1779 Buffon travaille à la table des matières du septième volume des Oiseaux, pendant que Guéneau travaille à celle du sixième. Il espère mettre le volume en vente un mois plus tard. Panckouche a préparé une réponse aux attaques de Fréron dans L'Année littéraire. Buffon le prie de n'en rien publier.
1780 Oiseaux VII. Guéneau cesse de collaborer aux Oiseaux. C'est désormais Buffon qui signera tous les articles, préparés avec la collaboration de l'abbé Bexon.
1781 Buffonet entre aux gardes françaises.
12 mai 1781 Lamarck est nommé précepteur de Buffonet. Ils quittent Paris et arrivent à Berlin en août. En novembre ils sont à Munich. Suite à une plaisanterie déplaisante, Lamarck se plaint à Buffon qui rappelle les deux voyageurs à Paris (ils y seront fin décembre).
1781 Oiseaux VIII. Buffon critique les travaux de l'abbé Soulavie, "jeune vicaire qui n'est qu'un écolier et qui écrit d'un ton de maître".
1782 Suppléments VI. Élection de Condorcet à l'Académie française. Buffon soutient la candidature de Bailly. C'est la défection du comte de Tressan qui entraîne la victoire de Condorcet.
1782 Buffonet en voyage en Russie : il est chargé d'apporter un buste de son père à Catherine II. Il est accompagné d'un officier des gardes françaises. Il passe six mois à Saint-Pétersbourg.
1782 Bexon nommé grand chantre de la Sainte-Chapelle à Paris, ce qui lui vaut 6 000 livres de rentes.
1783-1788 Buffon pubie les cinq volumes de son Histoire naturelle des minéraux, accompagnée du Traité de l'aimant.
1783 Oiseaux IX.
1783 Mauvaises affaires financières. Lauberdière vend une partie des bois de Buffon et s'enfuit aux Antilles en emportant l'argent (Il y mourra en 1787). La Compagnie pour l'exploitation et l'épuration du charbon de terre périclite, après la mort de son directeur, Grignon (1783) ; La Compagnie sera liquidée en 1784.
1783 Minéraux I et II. Le jeune comte de Buffon, âgé de 19 ans, est nommé gouverneur de Montbard.
1784 Buffonet se marie à la fille du défunt marquis de Cépoy, Marguerite-Françoise, âgée de 16 ans. La dot est considérable (450 000 livres). Buffon assure à son fils 20 000 livres de rentes.
15 février 1784 Mort de l'abbé Bexon, âgé de 36 ans.
1785 Achat du terrain qui est aujourd'hui le Jardin alpin.
1785 Mort de Guéneau de Montbeillard.
1776 Début d'une longue amitié avec Mme Necker, dont le mari vient d'être nommé à la Direction générale du Trésor royal. On a conservé et publié 66 lettres de Buffon à Mme Necker, qui a près de quarante ans de moins que lui.
1785 Minéraux III.
Septembre-Octobre 1785 Publication de la Visite à Buffon, d'Hérault de Séchelles.
1786 Minéraux IV. Verniquet aménage le Labyrinthe et son belvédère.
1786-1787 La femme de Buffonet devient la maîtresse du duc d'Orléans (le futur Philippe-Égalité). Buffonet, alors capitaine au régiment de Chartres (qui dépend du duc d'Orléans), démissionne sous les instances de son père.
1786 Mort de Daubenton le Jeune, cousin du vieux Daubenton. C'est lui qui surveillait le travail des dessinateurs et des graveurs pour l'Histoire naturelle des oiseaux.
1787 Achète pour 60 000 livres l'hôtel de Magny.
1788 Minéraux V: Traité de l'Aimant, suite de l'Histoire des minéraux.Ce dernier tome paraît à l'Imprimerie des bâtiments du roi.
Avril 1788 Buffon est à Paris, où il souhaite hâter autant que possible les travaux du Jardin du roi. Il a une nouvelle crise de calculs. Le 1er, il fait venir quatre notaires devant lesquels il désigne Faujas de Saint-Fond pour continuer l'Histoire naturelle. Le père Ignace arrive de Montbard le 11, il confesse le malade. Le 15, Buffon qui a cessé d'uriner est de plus en plus faible. reçoit les saints-sacrements.
16 avril 1788 Buffon s'éteint, à minuit quarante, après avoir réclamé l'extrême-onction.
1789 Lacépède fait paraître le septième et dernier volume des Suppléments.
janvier 1793 Buffonet divorce de sa première femme et se remarie en octobre avec Betzy Daubenton. Il sera arrêté au début de 1794 et exécuté le 22 messidor an II.

Directeurs de publication : Pietro Corsi et Thierry Hoquet, hébergement : Centre de Calcul de l'IN2P3-CNRS.